‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 26 sur 236 · SENS PRIMITIF 0E3 MOTS CLERGÉ ET ORDRE · texte numérisé non relu

SENS PRIMITIF 0E3 MOTS CLERGÉ ET ORDRE

Mineure, parlaient du eUrgé des martyrs *. Eusèbe emploie le mot comme indiquant un ordre de successioi^^ sans lui donner à aucun degré le caractère sacerdotal ^ ; saint Augustin et saint Jérôme se contentant de la traduction latine le faisaient dériver de sors^ en mémoire de la première élection faite dans FEglise par le sort pour remplacer Judas dans Fapostolat'. Leur interprétation, tout erronée qu'elle fût, excluait péremptoirement la notion de prêtrise. Plus tard, quand ni^ sacerdoce nouveau se constitua, les clercs furent considérés comme Théritage spécial de Dieu ou bien comme le possédant lui-même à titre d'héritage, selon un texte fameux du Deutéronome sur la tribu de Lévi *.

Il n'est pas étonnant que les ecclésiastiques du quatrième siècle se soient décerné cet insigne honneur, quand on les voit à la même époque s'attribuer avec ^emphase le nom générique qui appartient à tous le& croyants et s'appeler les chrétieus par excellence ^. Tertullien, le grand et passionné champion de» libertés de l'Eglise, a eu également la singulière fortune d'introduire dans la langue religieuse le mot d'ordre appliqué aux charges ecclésiastiques. C'était chez lui un souvenir de juriste. L'ordre était pour lui dans l'Eglise ce qu'il était dans TEtat, la désignation de l'autorité constituée»

* KXYJpoç tG)V jjuxprûpwv. (Eusèbe, H. E., V, 1, § 7. Dans Roatti, Reiiquix, I, 305.)

« Eusèbe, H. E., VII, î.

* a Cleriei;?ocantar quia de sorte sunt domini. » (Saint Jérâme, ^p. 5t, Ad. NepoL — Augustin, In Ps. CVIL)

^ Deutér. X, 9. Saint Jérôme, Ep. 52, Ad Nepot, et saint AugostiA donnent cette seconde interprétation du mot %XtfiOÇ*

* Cod. Theod., V, 5-2. Giesier, K. G., I, p. 228.

lllSLAiDCE& S7

^sanB qmt n coulîtutioii ntee et ai» oi^uie ftisseat définies ^ Il mmum liJqiies ks simples membres de l'Elise, mais «ùqnemenl pour les disUiigiier des ehrétiens qù sont rerètos d'une eharge, et non pas pour en fidre nne classe inférieure *• Personne n'a rcTOidiqaé a^ec pins d'énergie éloquente que lai le saeerdoee uniTersd a^ec tous ses droits. Il Teat sans doote préserrer FEglise de ranarchie ; il reproche aux hérétiques de la troubler en rendant les charges aussi mobiles que leurs caprices, défaisant un jour réyèque nommé la ycille, transformant d'une heure à l'autre le diacre en lecteur et l'ancien en laïque, conférant à ce dernier des offices sacerdotaux *• Cette dernière expression doit se concilier ayec les passages où Tertullien proclame en ces termes runiverselle prêtrise : « Ce qui est prescrit à réyèque n'est-il pas prescrit à tous les fidèles au même titre ? D'où yiennent réyèque et le clergé? ne sortent-ils pas de runiyersalité des fidèles^? Nous nous tromperions grayemeut si nous nous imaginions que ce qui est défendu aux prêtres est permis aux laiqoes. Est--ce que nous, laïques, nous ne gommes pas des prêtres'? Il est écrit que Jésus-Christ noQS a faits

1 « DifEerentiam inter ordinem et plebem consUtait ecclefiœ auctorita». n (TertolL, Exhort. cattiL, c. 7.) Le droit romain ne parlait pas lenlement de rordife du téoai. Biais aoMi de l'ordre dee déeorione dans chaque irilie. Tertullien emploie anssi le mot d^ordre dana le lens d'organiaation : eeeiefte ordo. (De mmog., il.) Les Hyret aacrés l'appliquent à la «criflcalom de Mddiisédec^qai était le type deeelle du Chritt en debon <ie la caste sacerdotale. (Ps. GX^ 4; Hébr. V, 6.) s TertoU., Exhort. eattit., 7.

s c Hodie presbyter qui eras laicus. » (De pneeript,, U.) ^cUDdecDim^iacopietelerastlIoD de omnlbna?» (De monog.^ %%.) ^ c Nonne et laid saeerdotes somos? » (TertalL> EsihoH. easHL, c« 7.)

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rois et sacrificateurs à son Père. C*est rautorilé . ecclésiastique qui a seule établi la différence entré Tcordre et le peuple chrétien. Là ob cet ordre n*ett pas en-* core institué, tu célèbres la sainte communion et le baptême, tu es seul ton propre prêtre. Là où trois sont rassemblés, fussent-ils lafques, là est une Eglise, car chacun yit de sa foi et il n'y a pas d*acceptioii de personne devant Dieu. Si tu as donc en toi les droits du prêtre, tu dois obéir aux mêmes prescriptions, à moins que tu ne ireuilles aliéner ton droit sacerdotal ^ »

Tertullien avait beau exagérer le rigorisme dans les traités mêmes auxquels nous empruntons ces belles paroles, il n*en était pas moins le représentant de son temps en faisant de la charge ecclésiastique nne simple institution d'ordre et de gonyernement, et de la prêtrise le caractère essentiel du chrétien en tant qM chrétien. C'était pour lui le droit divin par excellence* Les grands théologiens d'Alexandrie n'avaient pas parlé autrement que le fougueux darthaginois ^.

Les noms donnés à tous tes chrétiens incUstinctement^ dans la langue religieuse de Tépoque^ impliquent la même haute dignité. On les appelle des fidèles, les illuminés, les initiés, les parfaits *.

L'introduction du livre YIII des Constitutions s^posto^ ligues^ qui remonte au commencement da troisième siècle, exprime d'une manière très-belle et très^rge

1 Tertall.^ Bsihort. eaitit.,^c. 7.

< Y<nr le volume V de mon Hittoift^ p. fM-SS?.

' Augusti, ArehMo$.^ I^ p. 147^1ftOi

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