L'ESPRIT DE DIEU APPARTIENT À TOUS VES CHRÉTIENS
accorde le don nécessaire * . » L'essentiel , pour Té* Téque lui-même, c'est de posséder les qualités morales qui sont la base de la piété. « De même qu'un roi impie B*est plus un roi, mais un tyran ; de même Tévéque qui ignore ou dénature là Tenté n*est pas un évéque, c'est à tort qu'il en porte le nom ^. Bois et éyèqnes ne sont rien à eux seuls, séparés de leurs subordonnés.
C'est r union des uns et des autres qui constilM la société soit civile , soit religieuse. Sans doute il ftot pour le bon ordre que chacun reste dans ses attribntiens et n'en dépasse pas les limites, mais tout en roTient à la réalité morale sans laquelle il n'y a pas plus d'évéqne qu'il n'y a de laïque chrétien. Tels étaient les principes de libéralisme évangélique qui prédominaient encore à l'époque où déjà la charge épiscopale l'emportait décidément sur celle d'ancien. Nous ne saurions mieux résumer ce noble libéralisme qui devait sitôt disparaître que par cette parole si singulièrement hardie attribuée par 1& Constitution copte de l'Eglise d'Egypte aux apôtres : « Si nous avons omis quelque point dans nos instructions, la pratique vous le révélera, car nous avons tous l'esprit de Dieu '. » Ainsi l'apostolat luimême n'a pas le privilège de l'illumination divine; elle
* Tb jJLSv sTvat y(pi(ni(rihv Iç' -^jAty, xb 5è àxéoroXov ^ èirfoxoTCOV ^ aXXo Tt o5x èf ' 'ijii.iv, dXXà èxt xilp 3tS6vTi 6€i^ Ta x^xp(a[mtL, {CoMt. apost.^ lib. VIII, c. 1.)
* OuT€ èTCtoxoTCOç dh^ofcf ^ xaxovofcf TC6'ïui6ff[jiivoç i'KioY.OTcàç èonv, iXkà 4^eu8<i;>vu(ji^ç. (Id., lib. YUI^ c. a.)
* El Se TC luapi^KOfAev, ta icpérfiMixa 8iqX(i)961 &|ji.Tv, i^ayusi^ ^àf icivreç xb %^eo\ui xou 6eou. (Consté Sectes» Bgypt, II, 41. Gom^ irf., 62.)
L'ÉYÈQDK EST LB PRÉSiraMT DBS ANCIENS. 61
appartient à tous les dirétiens. Qoelle eharge eedésias-* tiqoe poorrait donc revendiquer pour elle senle « rone<tion céleste qni ense^e tonte chose ' i et faire nn monopole de la eommnnication directe avec rétemelle ▼érité?
Snr cette base très -large s'élevait F organisation de TEglise. Son caractère distinctif est la séparation désormais effectnée entre la charge d'ancien et celle d'évèque, la subordination de la première à la seconde. Le rapport des deux charges est très-exactement défini dans ces mots de saint Hilaire qui s'appliquent mieux à cette période qu'à l'époque où il vivait : « Tout évoque est un ancien, mais tout ancien n'est pas un évèque. Gelui-Ut est un évèque qui est le premier entre les anciens ^. » A Alexandrie, jusqu'au milieu du troisième siècle, les anciens choisissaient celui d'^entre eux qui devait les présider et lui reconnaissaient l'autorité épiscopalew Les évèques sont souvent appelés les présidents de l'Eglise. « Les anciens approuvés président vos àS'semblées, » dit TertulUen '. Cette appellation de président nous fait saisir la transition naturelle entre l'égalité primitive des deux charges et la prédominance de l'épiscopat. Rien d'ailleurs ne ressemble moins à nos idées modernes sur ce qu'est un évèque que la position qui loi était faite alors même qu'il avait définitivement franchi le premier degré de la hiérarchie. Son impor-
1 f Jean H^ 97.
* c Hic e^ôÊCo^meA, qoi inttr pratKytan» primai «tt. » (Hlladre, in ip. lad Tim., c. lU.) * « PFBâdent pjnÀmlâ qmqoe senionBi; i. (Fertnll., AP^'r '^•)
êS TOOTE ÉdUSE PKItTE 00 GEAMDE A SON ÉVÊQUE.
lanee ne tenait point à sa dignité, mais à Vétendne de la sphère où il se mouTaît. A Rome, à Lyon, à Alexandrie répiscopat avait on pouvoir plus étendu parce qu'il ayait vh troupeau plus considérable, mais il ne eban-» geait pas de nature en se renfermant dans les plâs étroites limites. Parfois son dioeèse ne comprenait pas une bourgade. « Ta-*t-il un endroit, lisons-nooa dans la Constitution copte j où le petit nombre d^bcmmies croyants capables d'élire TéTèque ne s'élète pas jusqu'à dcMue, qu'ils écrivent aux Eglises voisines, si elles sont nombreuses. Qu'on leur délègue trois hommes pour éprouver avec soin celui qui sera digne de revêtir cette charge *• » Il s'ensuit que le pasteur d'une Eglise qui serait cointenue dans la plus humble des chambres hautes s'ajqjielle évéque aussi bien que le chef spiriturii d'un troapeaa comptant plusieurs milliers de membres. Il est utile sans doute qu'il soit versé dans les saintes lettres, qu*it soit capable de les interpréter , mais l'absence de culture n'est point un obstacle à son élévation. » Qu'il soit dans ce cas plein de douceur et surpassant tous les autres en amour en sorte qu'il inspire le respect ^. » Un grand cœur importe beaucoup plus qu'un grand savoir.
L'ofSce de Tévéque n'est pas délimité avec la précision que lui donnera le développement du régime hié<rarchique. Son premier soin est de présider au sertkse divin. Déjà au temps de Justin Martyr le culte qui
8uva(Aévfdv 4>i}f(oao8ai icepi iiao)i6icou éytbç Scxoîùo isHpmm (Cmtt, copte, 1, 13.)
' npobç xa\ ^ d-yiicv) %\% gttbrcEç ^spuiacuéttt). (/d., I» U.)
OFFICE DE L'iYÉQji^ 68
ATait confieryé sa simplicité n'était point abandonné i Taibitraire des inspirations individuelles . L'ancien qui présidait bénissait le pain et le TÎn de Feacharistie * . A répoqne saiyante Tévéque seul procède à la consé^ cration encharistiqne. C'est lui qui confirme les catéchumènes, donne l'imposition des mains aux éyéques, aux anciens et aux diacres lors de leur entrée en charge. H a également la surintendance de la discipline ecclésiastique qui accroîtra d'autant plus son autorité qu'elle prendra plus d'importance. L'enseignement religieux est une de ses fonctions principales, mais il par* tage la prédication ayeo les anciens, il est même suppléé dans cet office par des laïques, comme le prouve l'exemple d'Origëne '. Les diacres sont chargés de lui faire connaître les malades, car c'est une grande consolation pour ceux-ci que de recevoir sa visite ^.
Noas trouvons dans le deuxième livre des Constitutions apostoliques un tableau quelque peu idéalisé de l'office épiscopal qui dans ses traits généraux convient par&itement à l'Eglise du troisième siècle. « Toi donc, y Usons-nous, semblable à un berger qui est plein d'amour et de sollicitodepour son troupeau, compte tes brebis. Cherche celles qui se sont égarées à l'exemple de notre Dieu, le Père des miséricordes qui a envoyé son fils pour chercher la brebis perdue sur les montagnes et la rapporter sur ses épaules. Suis ses traces, ô évéque, poursuis ce qui est perdu,
9mAB, Itartir, Âpot.^ H, 97. Ofmi, ^ 97.)
• (UmH. ai^.. Vm, 47.
* Ccnst. copte, II, 56.