S ÉLECTION FT ORDINATION D£ L'ANCIEN
naissante s* est donné an éyéqne dans les formes indiqnéeSy c'est à celai-<;i à s'adjoindre le pins tôt possible denx on trois anciens parmi les membres de son tronpean qui se montrent dignes de participer à son œntre sacrée. Ils doivent être des hommes éprouTés, connns^ par lenr charité chrétienne, donés de cette largeur qui ne tient pas compte des avantages extérieurs. Ils ont pour types les vingt-quatre vieillards que le livre de TApoca* lypse nous montre se tenant à la droite et à la gandie de Tautel céleste. Ce partage est ici le symbole des donbles^ fonctions des anciens. Les uns sont surtout associés à révèque pour la célébration du culte et les autres pour renseignement et le soin des Ames. Quand un cas dira* plinaire grave se produit et que le délinquant n'a pas cédé aux premières exhortations, tous les anciens se réunissent pour juger de Taffaire ^ Ainsi se retrouve trois siècles après saint Paul la même distinction qu'il établissait entre les anciens voués au pastorat proprement dit et ceux qui cultivaient le don d'enseigne* ment. Pendant longtemps les anciens furent choisîs^ par le peuple. Plus tard, leur élection fut confiée an clergé seul*.
L'ordination de l'ancien ressemble en tout point à celle de l'évéque, avec les modifications que comporte nécessairement la différence de son rang dans l'Eglise. L*évéque, entouré de tous les anciens debout et des
* Corut. copte, l, 14.
* Wfjçco Yoi xpCaei tou xXi^pou. (Const, apost.y VIII, 16.) Ges mots datent évidemment d*ane époque où le cléricalisme a entidrement triomphé, et ne peavent être qu'une interpolation très-postérieure an concile deNicée.
LE DUOONAT GONSàCaÉ SORTOOT AUX PAUVASS. 6»
i, impose les mains au candidat et prononce une prière de consécration qui nous est ainsi rapportée : « O Diea, dit-il, abaisse ton regard sur ton Eglise, donne-lui de croître et de Toir ses pasteurs se multiplier ; qu'ils reçoiyent la force nécessaire pour se dépenser en paroles ^ en actions à ton seryice. Regarde maintenant à ton serviteur qui est revêtu de la cliarge d*ancien par le sttffimge de ses frères. Aemplis-le de Tesprit d'amour et de sagesse pour gouTerner ton peuple avec un cœur pur de la même manière que tu as dirigé Moïse pour don* ner des anciens au peuple choisi par toi en les remplis-* sant de ton esprit. Et maintenant, Seigneur, conservenous Tesprit de ta grâce. Remplis ton serviteur de la vertn qui guérit et de la parole qui instruit dans la douceur, en sorte qu'il instruise ton peuple et te serve dans la droiture en accomplissant d'une manière irréprodiable tous les devoirs de sa charge ' • »
Cette prière montre à quel point Toffice de l'ancien se rapprochait de celui de l'évéque. Il pouvait méma eonférer le baptême et confirmer les catéchumènes, mais h l'évéque seul appartenait l'acte de la consécra-' tion*.
Le diaconat constitue la troisième charge de l'Eglise» Les attributions des diacres sont mieux définies qu'à l'origine, ils s'occupent de la partie matérielle dn eolte ; ils préparent tout ce qui est nécessaire à sa célébration^ assistent les néophytes dans la cérémonie dn
< dmtt. apott., VIU^ i6.
* 'o ^Àp xp6966Tepo^ Xapiivei |jivov, iXX* o& 3(8(i>ai xXi^pov. {Comst, copte, VL, 88.)
70 LEUR ROLE AU BAFTÊIIE ET A LA GOUHUNiON.
baptême et font circuler de main en main le pain et le Tin de la communion, après avoir désigné c^ix qui peuvent j prendre part. Leur office par excelience è^ toujours le soin des pauvres. Us doivent non-seolémait distribuer les aumônes, mais encore se montrer euxmêmes pleins de générosité. Leur main doit être ton» jours ouverte. Us doivent éviter aussi bien Finsolenee envers les indigents que la bassesse envers les richest se rappelant à eux-mêmes et rappelant & tous ces mots du Christ : « J*étais affimié et vous m*avez nourrie » S'ils ne participent pas au gouvernement de TEgiise, ils n*en ont pas moins une grande influence sur le peuple chrétien avec lequel ils vivent tous les jours. Ils en doivent profiter pour instruire les uns, réprimander les autres et multiplier les avertissements salutaires'. Ceux qui les méprisent et leur résistent méritent d'être retranchés de TËglise. On voit que les diacres étaient appelés À jouer un grand rôle dans les questions disciplinaires. U rentrait aussi dans leur mandat de faire connaître les malades & Tévéque. Les diacres étaient choisis par le peuple sur le témoignage favorable de trois membres de TEglise, puis ils recevaient une simple imposition des mains de Tévêque seul qui n'avait rien de la solennité d'une consécration proprement dite. Dans la prière que Ton adressait à Dieu en leur faveur, on demandait que Tesprit d*Etienne descendit sur eux comme le manteau d'Elie sur Elisée '.
i Const. eopte^ 1, 16-18.
* 05ç iJkèv vouOexoSvTeç, {Id,, 1, 1€.)
• Const apost., Vm, 17, 18.
a£LATIONS DES TROIS ORDRES. 7i
Les relations des trois ordres de cette hiérarchie élémentaire sont exactement définies dans le huitième livre des Constitutions apostoliques. Peut-être Tétat de choses qm 7 est indiqué dépasse-t-il quelque peu le commencement du troisième siècle ; il précède en tout cas la transformation si grave de la charge ecclésiastique que nous aurons à constater à la veille du concile de Nicée». ])*après ce document, Tévèque ne reçoit la bénédiction que d*nne main épiscopale et jamais des anciens. Il consacre Teucharistie et applique la discipline dans toute sa rigueur à son clergé ; mais il ne saurait user à lui seul du même droit, quand il s'agit de ses collègues dans Fépiscopat. L'ancien reçoit la bénédiction de Tévéqne, mais il peut à son tour bénir les autres anciens^^ Il étend ses mains sur le pain et le vin de la cène, mais il ne les consacre pas ; il ne peut appliquer la discipline qu'à ses subordonnés. Le diacre reçoit la bénédiction mais ne la donne jamais. Il ne peut ni baptiser ni célébrer la communion'. Cependant, en cas de nécessité, ces règles fléchissent et le diacre peut exercer les fonctions de l'ancien ou même de Tévêque, quand il visite on malade en danger de mort^.
Au-dessous du diaconat, TEglise avait encore institué une charge en sous-ordre, celle de lecteur, montrant ainsi Timportance qu'elle donnait à la lecture de la sainte Ecriture dans le culte. Elle veille à ce que la
* Const. apoêt.^ VUI, 48.
* Terlull., De baptismo, 17. Au temps de Gyprien,- alort que la hiérarchie était très-strictement délimitée^ le diacre poayait remplacer révoque auprès d'un mourant. (Gyprien, Epist., 18.) Cette latitude devait exister à bien plus forte raison à Tépoque antérieure.