PREMIÈRE FAVEUR DU MONTANISME A ROME
Telle. Ils étaient venus à elle les mains pleines de dons ; leur monificence avait accra la part des pauTres et permis d'orner les tombes des martyrs. Ils avaient probablement entraîné par leur exemple de nombreux clients qui avaient plutôt obéi à leur influence qu'à des convictions personnelles. Un certain relâchement de Taustérite première se faisait remarquer dans cette grande Eglise.
Un parti rigoriste s'était formé en opposition avec la tendance plus large et plus indulgente. Nous l'avons va naître avec le Pastor Hermas et prêcher la pénitence comme un autre Jean-Baptiste. Il n'était pas constitué en secte particulière, rien ne le séparait de l'Eglise; il en formait l'élite, sans rester toujours dans les bornes de la modération. Les premiers montanistes qui vinrent à Borne, groupèrent autour d'eux les chrétiens qu'ani* mait encore l'esprit d'Hermas. Ils ne paraissent pas s'être posés comme des novateurs; ils passaient sous silence leur doctrine sur l'inspiration continue, et ne faisaient aucune allusion aux oracles de leur prophétesse. S'ils avaient agi autrement, ils eussent immédiatement provoqué l'opposition et attiré sur eux les con* damnations d'une Eglise aussi tempérée et conservatrice que celle de Bome. Le seul fait qu'ils y vécurent quelque temps en paix suflSt à prouver leur prudence. Us se bornèrent à insister sur le côté moral de leur doctrine, à tonner contre la corruption du siècle, contre le relâchement des mœurs dans l'Eglise. Impitoyables pour les secondes noces, ils prêchaient les jeûnes excessifs et flétrissaient sans ménagement tout acte de prudence
4ib OPPOSITION DU MONTANISMlE AU VàKtl mSHAUGBlQUE.
qui powTait condnîre à éviter le nartyre* Sortenseen poiiifs ils rencoirtraient 4& sembtefisea^ adMsiôttê, cnhp ild ne faisaient qoe pousser h s^s coftséqoences logiqoei le rigorisme qui existait avant eux à Borne. €é qa^l j uvaît de plus grave éans leur enseignement qfoi olroth lait probablement soud la forme de la propagande hM* viduelle, c^était Fidée quMls de taisaient dé rBgtiie. Itft la voulaient absolument pare, et réclamaient pour diè la sainteté absolue, comme si dans sa CMditi6ft térreëtre et visible il lui était possible de réaliser eotAplétemettt son divin idéal. A ce point de vuç, la charge eocléflias«tique perdait toute importance i « Ge qui fait TEgHse', disaient-ils, c'est TEsprit-Saint par Thomme spirituel et non le nombre des évéques\ » La prédilection do mon* tanisme pour Textase, pour les dons siirnaturelB de II prophétie aboutissait au même résultat. Pour màlfiMiir cette pureté sans tache de FEglise, les disciples tfe HoBtanus s'opposaient à la réhabilitation publique deft pécheurs scandaleux, ils n'admettaient pas que ladétattehe pût jamais recevoir son pardon devant les hommes, Bi repoussaient absolument la seconde repentanee ^ui étaft admise universellement. C'est ainsi que la diatinetioÉ entre les péchés véniels et les péchés mortels poltS9éel cette extrémité ne permettait pas au tribunal de ht p4^ nitence de s'élever dans l'Eglise. Or, connue ^'esl là que l'épiscopat devait trouver son trône et addeic^ft A domination, la tendance hiérarchique rencontrait dM» le montanisme son adversaire le plus déclaré. La ItrtM
t téftulU^ De puâkiHa^ t1.
LS eOMFUT ÉCLÀTIS SOUS VICTOR (4SA-197). 434
\m les deux tendaneee n'anriirR pas de suite à Tétat b. La poptare fût venue bien plnstèt, sapa rteterven^ ■ d«8 chrétiens de la Gaule (fui semUent avoir été iHNPd favorables an montanisme. Les confessettra de OH paraisseBt avoir éprouvé une vive sympalMe peur i gnmda apologistes du martyre. L'Eglise de L3P6n tA appris qae le montanisme comaftei^ait à sosiever alqoe agitatioa à Borne et que Tévéque Eleatbère était ippsé à le ooiidaniaer. Irénée y lut envojré peirtefir me lettre qui recommandait Fapaisemeftt^ Eteutbëre ; namené à des sentiments pacifiques par eette interitioQ déjà considérable. Les montantstesiarentmérra^ ï €t purent oontinuer leur propagande. La tendance rarehiqne ne désanna pas pour cela. La lutte detidt' mnimer promptement. TertuUien lui imprima une leur nouvelle pendant le s^our qu'il fit à Rome. Il y* iva en pleine crise, alors que le parti épiscopal préma ses plus graves usurpations seus Tévèque Zépfay^-
Qetleerisey il nous est possible et la décrire d'après ^fMmveanx decnments qvi nous ont fourni en quelque rie le bulletin détaillé de la bataiHe dont on n'avait igtemps connu que les résultats derniers. La déconrte des PMhsopkowmenti d*BippoIjte a jeté le jour le 10 vif «or kl latte ardente engagée au profit de Pépls-^ Mt dans la capitale de l'empire. Le voyage de Tertlieii A Borne est une grande date dans cette lutte. Les rcmiataitces qui Vj umenèrent, les conISts auxquels it
4 3^ L'HÉRÉTIQUE PRAXÉAS DÉNONCE LE MONTANISME.
prit part, les graves conséqaences de son intenrention, tout a une importance extraordinaire à cette heure décisive. Depuis le voyage dlrénée et sa mission pacificatrice, le montanisme avait continué à se développer dans FEglise de Borne, sans être constitué en schisme, bien qu*il ne cessât de propager des idées schismatiques. Il est évident que la rupture était inévitable. Irénée lui-même, mieux instruit sur la natare d'une tendance qui était en opposition flagrante avec ses propres conceptions sur Fépiscopat, Favait désavouée et réfutée dans son grand livre contre les hérésies. Cependant la condamnation o£Scielle manquait encore. La question avait été laissée indécise. Ce ne fut que sous Févêque Victor, successeur d'Eleuthérus (185-197) que Ton sortit de cette hésitation prolongée. Encore fallut-il TinterventioD d'un hérétique d'Asie Mineure, Tunitaire Praxéas dont F hérésie échappa d'abord aux chrétiens de Rome, qui étaient fort peu versés dans les profondeurs de la théologie et capables de graves malentendus dans les choses de la pensée. Praxéas était Fennemi juré du montanisme, dont il repoussait énergiquement les idées trinitaires * . Les disciples de Montanus insistaient avec une énergie particulière sur la distinction des pe^ sonnes divines pour relever d'autant plus le Paraclét, et f par lui Finspiration continue dont ils se prétendaient les représentants. Praxéas obtint leur excommunication formelle de Févêque Victor, d'autant plus facilement que Gaïus, docteur vénéré dans tout FOccident, avait
^ Voir le vol. Y de mon Histoire des trois premiers siècles de i'Effiiti chrétienne, p. 172.
LE IfONTANISlIE CONDAMNE PAR VICTOR. 433
attaqué Tiyement les idées millénaires da montanisme. U n*eût pas si facilement réussi si TéTéqae de Bomè, partisan déclaré de la hiérarchie et très^isposé à en soatenir les prétentions les plus excessives» n*eùt trouvé dans cette eondamnation roccasion de frapper un parti qui lui faisait une opposition déclarée sur le terrain ecclésiastique * • TertuUien, bien que déjà fort incliné au rigo* risme montaniste, n*avait pas encore fait acte d'adhélion à la secte; ou plutôt le montanisme n* était pas encore organisé comme un schisme en Occident, il n*7 avait pas eu lieu pour le fougueux Carthaginois de rompre avec TEglise. Quand il apprit qu'un hérétique notoire tel que Praxéas avait obtenu la condamnation d'hommes austères qui lui paraissaient le sel de la terre et de l'Eglise, il ne se contint plus ; il arriva à Bome tout bouillant d'indignation, et engagea avec le clergé de cette ville nne polémique passionnée qui eut pour efiet de le rallier aux excommuniés de Tévéque Yictor. La question théologique se mêla de suite à la question disciplinaire ; ce fut tout ensemble la liberté et la sainteté de VEglise que Tertullien défendit avec l'emportement et l'exagération de sa nature, comme on peut s'en convaincre par son écrit sur la Pudicité^ qui porte l'empreinte brûlante de ces débats orageux. Il est vrai que Tétat dans lequel Tertullien trouva l'Eglise de Bome était bien fait pour l'exaspérer. C'est ici que le témoignage d'Hippolyte est d'une haute valeur, car il comble une lacune
* m Idem tune episcopam romanam^ ag^ooscentem jam prophetias Mon- VKoi, coegit et lUteras pacis re^oeare jam émisses. » (TertalL> Adv,
éU LA LUTTE rAGORAVE OOCS fDBYBimiB (IfT).
49m riûttOTO de eette pétîode si impoitaBle de rfigllM de Soine*.
L*évéq«e Yietor mwA été remplaeé en Ta» 197 par jBéphyrinus, faomiiie ^onst, pea aa courant dea lèglci eeeléslaatiqnes, aoeasé même d^un amenr wamedéffé da raifent. C'était on prêtre médioere , bien fpit pour èlve Finstroment d'nn intrigant. D était entièrement tombé 80118 rinihence de Calliste. Celnt-ci, quoiqne r» légaé à la campagne par Tietor pour 7 bim onbUer ■ paaaé peu honorablot avait rémait par aea artifieeit ^ eapter la bienTeillance do nooTel éTêqne. Il était pw» Tonn à Fincliner à aea Tnea partionlièrea et gm^emait déj il flont son nom \ Galiiate était le maire dn palais de cette royauté illnsoire et fainéante. Noua ne eontia» tqns pas qoe lo biographe de Calliste n'ait chargé lei «onlews en racontant la jeunesse de Tancîen eacfam devenu ii ses yeux le corrupteur de TEglise, Néanmeias, Sippoly te ne saurait être accusé de calomnie. Lea deni partiea de la vie de Calliste concordent parfaitement On sait qu'il commença par se montrer économe infldèls au service de son mattre Carpophore, qui tenait une esr pèce de banque populaire, et que pour échapper aoi réclamatioBa des malheureui qu'il ayait frustrés, il n
1 I^a source principale pour cette crise de l'Eglise de Rome est dam l|i Philosophoumena de saint Hippolyte^ dont nous avons établi rautlieiitidfè eo «Uicptaoi vnitM les hypothèses contraires. On tfoaTtm la Utléfiian A sujet dans la note B du troisième volume de notre Histoire if Yollun^ de k seconde série, p. 498). Nous Msons nos citations d*après TexoeUisAfe édition avec commentaire de Dunker et Schneidewin, Gœttingae^ 1859.
ix)^iQ?taaTtxcuv ipcâ)v.«. ^y^v £{ç t à6ouXexQ, htz% hà^kkJtffBfngi xal çtXipY'^pov. (PAi7., IX, H .)
AMBCOMA 4BflHll9IBBftBJfllfrâlEnnSMIflHlfi* M flQBSSRtUiBfli
Jira £Mr ûai^oy é ftOK jnneB .cumiis 'fnfam. GiAoe à «» «riKôMîqpM , il '«Miiit fde faBUbpcr à fUMMtîe i|iie èft«MîfeDHK'deOHiliiode, Mvaift, qiàélaitttM 4fa9Mflle 9MV tla ifiiiînn oonreHe^ avait obleana tm A«0V é^t cttrtaia aaai^rc jfcahétîM» ekilfisi. L^énè^ 4iie^lifllar ■airij.laiiui jpa8}lrQiiiBW,ieiil ^éloliBada BnMB jayrcttMièB ■mrtgHPwP Aot que ^aes li i^es pré* eédenta aient été qoelquejpaaioaUiëafpdarqae téfkjr «nw «^ até irappiwhar Ctiiiirti deM iriaBÉiP, ^ loi éwpiar imflpoAeëe.ooiÉfiai|M^«t de rg^Merseaffint da» JêtJwmAf B^IHaf^mH ilfi'^étaît qiie>le tckaf .aoiaiiMiL ^Usè OiaipMnIfrDa à eette posîtion inqwrtuitet Cal^ial]Btii*eiit m^sm iMfA/mmBTtéyéqQe hnsmÊmt jet lagraadir é aaaà flMfit lie fMNuroir éfiiscopal. ^péik ^ès flatterâes èlDiia qaiipoiHiaieBi faidcr dans an dessein, sas aaaneet liii^tiqatotà «oitié .p^ntliéialeb tds que Glécnnèiie, aoÉIna mSëbelliQS^. «i Von duevobe^^'ei^liqii^Ja iÉhroiir jqaVM lepr montra, *te ^reeem^alt tprotn|iilMient *^*dlMieiitbeaRko«{i bioîiib âla^hardiessedetiurapéca* telîcMi «pv^ÉdcarbeatililédétfaivtoiMHitipe kataiimtaiitene; ^^la aoinbnttaièitt ponrlesmènestnisoiis qtte'Piaxdas; #i\ lejMMMnlsmé 4^MiÉt4f ebnami par •eaodHMea tte^H UévaièlMe, ie :MaidoidMée.<^QT6tt de. eaiidres qaitpvela%lait>ÎMqQe4S«rleeaÉil i4e l^f^glibe^citttre
•^iXoiTiCeMrédt.âétuUéiWvfiO'kfB oltiitiwHdtiWiAB ^l. m die moa Histoire, 9k j«A3«iM. ^kiir mat la dwtriiat •4B,oeB>hMliqiieB toJV* iMi,dBuaûa Hûtoirtyp. 17M83 . , . » , i*»^
436 ARRIVÉE DE TERTULUEM A aOME.
de répiscopaty le sombre prédicateur de la repentanee qai ne réclamait la sainteté que poar fander sur elle la liberté du peuple de Dieu. Il avait beau avoir été condamné, Tarrét qui Tavait frappé était bien récent, les sympathies des chrétiens austères lui appartenaient encore. Galliste cherchait partout des alliés contre la tendance montaniste, dans Tunique dessein d*établir contre elle la souveraineté épiscopale. Nous le voyons, en effet, à cette époque, pousser Zéphyrinus à rendre un décret qui conféra aux évéques le droit de remettre les péchés en vertu de leur charge.
Tertullien arriva à Bome à la veille de la promulgation de ce décret, alors qu*il faisait Tobjet de tous les débats. Saint Jérôme constate qu*il entra dans une violente polémique contre les anciens de rEglise de Bome ^ Il est incontestable que le rusé Galliste était à la tête du parti hiérarchique ; ce fut donc surtout avec lui que Tertullien eut à lutter. Nous pouvons trèsbien nous représenter ce que fut sa polémique; eUe porta à la fois sur la question de doctrine et sur h question de discipline. Betrouvant en pleine vogue les idées de Praxéas qu*il avait crues condamnées sans rémission, et qui reparaissaient sous une forme plus audacieuse, il leur opposa sa théologie déjà tout imbue de montanisme. On sait qu*il poussait la distinction des personnes divines jusqu*à la subordination la plus absolue du Fils au Père. Sur la question disciplinaire, il
1 « Hic cam usque ad mediam œtatem presbyter ecclesiœ permanaiflset, invidia postea et contumeliis clericorum romanœ ecclesiœ, ad llontaiii dogma delapsus. » (Hyeron.^ De viris UlustribuSf 59.)
SA POLÉMIQUE AVEC LE CLERGÉ ROBfAIN. 4S7
dirigea sa Téhémente discussion contre l*asnrpation méditée par le clei^é de Borne an profit de Tépiscopat. Son traité de la Pudieité^ écrit à une date postérieare, ressuscite pour nous la puissante argumentation dont il s*était serri pour combattre une tentative si audacieuse.
n faut faire deux parts dans la polémique de Tertullien. Il a raison de lutter contre la prétention nouyelle de répiscopat de s* emparer du pouvoir des clefe, inais à cette innoTation il en oppose une autre, qui est une exagération en sens contraire, c*est le refus absolu d*admettre une seconde repentance publique après le baptême, spécialement en ce qui concerne Tincontinence. Il adopte de suite sur ce point et sans aucun adoucissement Timplacable discipline du montanisme, et il affaiblit ainsi sa juste résistance aux empiétements do parti hiérarchique. TertuUien lança contre ses adversaires un torrent d*éloquence impétueuse qui roule bien des sophismes dans ses eaux débordées. Il poussa à outrance la distinction entre les péchés yéniels et les péchés mortels, refusant pour ceux-ci tout relëyement de ce cété de la tombe ^ L^Eglise, jusqu*alors, avait refusé la réhabilitation à Tapostasie et à Fhomicide. Tertallien cherche à établir que Tadultëre ne mérite pas plus d*indulgence. Il en fait une peinture effrayante : il le montre s^ayançant entre lldolitrie et le meurtre. Uidolàtrie le prépare dans ses sanctuaires impurs et sous Fombre de ses bocages où elle eniyre F&me à la
n% aow MfiomsMK oonut .
ccrope An plaisirs oorraptean. Le UHWfffwi iiwiBBii(e'iy*t loi, ear le sang mit tovjonrt la VDlapté, taÉtIft |>OÉl?li pnniPy taatât poor en faiite dûpArattrales traees^QtelléB hailie» n'allnme pas l'inoontipeace et qvcif etfases « fidtndle pas commettre pour se dérobera ki fti»ftté< L'infanticide et Fayortement sont ses conséquenees ki pIuB fi^éqoentei^ Poniquoi ae moiitrer si àia potad *a pontasie? Benîar sa toi devant le bûebetiMi éetautle durqne, en £i^ dea toarments ieif plus tctriU^^aa^-Kseai aate plus coupable qaia de h répudier en fmtâmwuÊt f agirait des plaîsira ^ ? Ter tnllien écarta ieutes les parabales «biséricDidJalisea qu'on lai opipom^ «dfes iqBe cellaa4a1i briBbis et de la drachme peidnes, dnfiiâ prodigue* Hitpid r&riture pour en fsxtraire l-anierUune d:*aiie sénérilé mibrée* Le« testes les pins posttiib 9e ttomfwtfMfgrâgf deya»t lui ^. Il conteste la réhadbiUtatito de llneesMeex deGarintiie, malgré ^<éYidencf^ Il sen appelle Mitai glteéml de Je pr4$mtère lettre anx Corinthiens, j« .écrite m» airep àédVm^iit^ maia av^se dn &el et toul^e enflemiaée 4il l^n d'^ime ^ùtàèm if^ngieneBse ^ » Peu s'en ia«t.fa'îl UB ^Ssase ide paHst ]Pml ^et idrc aamt Je«Ei des isectainee âsif pitoy^Ue^, des .miwjt^Etes sans .entraides. S'il a fAiié sw cjs bm é fiioine, — et ilmt eertaÛL^a*!! it!a pea «Of 4éré4fw ;lai^«ge dftiif Texcilatioa ide la hrtte, ir«- il a dft
^ tDartiia.^ Ile pudieitùi^ 6<
1^ « Animadvertamus totam epistolam primam^ ut ita dixerîm^ non atrameDto sed felle conscriptam^ tumentem^ indignantem^ invidiosam. » (/d.,14.)
IL StirPOSS M SiORBT Sa& LI rOUVOm I»» GliEiB. 431
nuira éttUngeMent à sa oauae et proYo^cr une réaction pnjssante iiotir-seitlemeBtc;oiittre sefi errean, itads eèntrê la part de vérité qu'il d^ndait. Et eependant elle était bien importante, et présentée avec plus de modéra-» tioB, die eût pu retarder le triomphe d^ parti hiéram obîqiie»
Tdrliil)ien a*oppase de toute sdn énergie à œ que Tépiscopat a*empare du pouvoir dés ole£s» S'il néTdirt pas d'one peeonde rep^ntaBce, au moins fiEût-il une dlffémice entre Tancienne coutume de l'Eglise et rinnova*^ tien que Fen ûse proposer. Jusqu'à ce moment, le pénitent devait maniiéster aes sentiments devait rEgUae entière; il versût devant elle les larmes du repentir. C'est à elle qu'il confessait publiquement sou péché» et n'est elle tout entière qui ét^t le témoin de sa douleur et le garant de sa réintégration. Tout est diangé si la pébabîlitntiQn est prononcée par un homme, sens prétests qu'il est revêtu d'une charge ecclésiastique. Tev^ tnllien hn eonteste absolument ee droit. \ Dieu seul, ditiil, p^t pardonner les pâehés, même les péchés montels qui auraient été commis contre lui^ » Là où i) y a révélatioa directe, maiif eatation anmatureUe de sa vo*lonté, on peqt admetdre la possibilité de ee pardon^ même peur les péohéi îrvèmisslbles sur la terre^ Qè droit appartenait aux apètres, parce que tout était mir^ taeolettx dans leur miesloa* Oà sent lea morCs que le^ èféqnea de Tépoque eut reagusoltés?* Oft sont leeprq^ £ges qu'ils ont «^o»|disf On pourrait rseenttaltM le
> « Qais dimittit delicta, ni solus Deus^ etntifM ÈioittlM<Iii# k) ipsnm
4iO IL CONTESTE LA PRlMAimS DE L'ÉYÉQUE DB lOME.
même droit aux saints prophètes dont le Fsaraelet a tonché la boache de son charbon de fen. Quand FEsprit parle directement dans FEglise des saints, par une inspiration samatqrelley toutes les règles fléchissent ^ Mais quel rapport cette réhabilitation miracnlenae a-t-eDe avec Tordre ecclésiastique ordinaire ? Elle ne tire point à conséquence pour tout ce qui ne porte pas ronpreinte du miracle immédiat ou de la prophétie.
Tertullien relève ayec yiguenr Tai^^ument que Ton parait déjà à Bome avoir tiré des paroles de Jésus- Christ à saint Pierre : « Je b&tirai mon Eglise sur œtte pierre et je te donne les clefs du royaume. » U soutient que cette déclaration ne porte que sur la personne de Pierre, qu*elle ne lui confère point un pouvoir qui soit transmissible. Le grand apôtre, qui a introdoU dans le royaume de Dieu les trois mille Juib rassemblés le jour de la Pentecôte, leur a vraiment ouvert la porte des deux. Quand il foudroyait' Ananias et Saphira, il usait du pouvoir redoutable de lier les coupables comme il usait de celui de délier quand il dispensait les prosélytes issus du paganisme de se soumettre aax prescriptions de la synagogue. Hais toutes ces prérogatives lui étaient uniquement personnelles'. Qu*on nous montre d*ailleurs quels sont les adultères qu*il a relevés? Ainsi, en résumé, FEglise, dans son oi^ ganisation régulière, n*a aucun de ces grands pouvoirs qui ne se légitiment que par le miracle ou rinspiration. c Montre-moi, dit Tertullien à Fépiscopat de son temps,
^ TertnlL^ De jmdieitia, 31.
s « Domini iotentionem hoc penonalitar PeUro oonférentem. » (/tf.^ll.)