‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 53 sur 236 · IL RÉSERVE A DIEU SEUL LE POUVOIR DES CLEFS · texte numérisé non relu

IL RÉSERVE A DIEU SEUL LE POUVOIR DES CLEFS

montre-moi tes signes auxquels je te reconnaîtrai apôtre et prophète, et alors je reconnaîtrai en toi Forgane de la Divinité, et tu pourras réclamer le droit de remettre de pareils forfaits. Si tu n'es commis qu*aux soins de la discipline, si tu es appelé non à régir mais à servir, qui es-tu pour montrer une indulgence semblable? N*étant ni prophète, ni apôtre, tu manques de la vertu qui te rendrait capable d*accorder de tels pardons * . » Tertullien proteste contre la morale facile qui résulterait du rel&chement de la discipline. Dans une vive image, il compare le casuiste qui cherche un équilibre impossible entre la chair et Fesprit au danseur qui essaye de se maintenir entre deux abîmes sur la corde roide. C'est, selon son expression hardie, « le funambule de la chasteté et de la pudeur ^. » Tertullieu résume son argumentation par ces mots, qui frappent au cœur les prétentions qu'il combat : « Le pardon est le droit du Maître et Seigneur, et non du serviteur, le droit de Dieu et non du prêtre*. »

On comprend que de passion et de colère devait soulever une pareille polémique tombant comme la foudre dans un milieu déjà si troublé, si agité. Les rigoristes s'exaltaient dans leur sens, tandis que bien des imes chrétiennes étaient froissées par cette discipline sans pitié qui cherchait à déchirer de l'Evangile les pages les plus émouvantes, et qui mettait dans les mains du Ixm

^ TertuU.j De pudicitia^ 21.

* Age^ ta funambule pudicito et castitatis. » (Id., 10.) s « Domini enim , non famuli est jus et arbitriam , Dei ipsiiis non sacerdotis. » {id,, 21.)

fi2 IL PtBTHlT US. i'^ DÉCRET SCR LE POUVOIR DES CLEFS.

Pasteur «ne Terge de fer au lien de la boulotte qai rassemble les égarés. TerloUieH ft>rtifiail ainsi 1q pvH qa^îl oherobalt à abattre. Ce fût pea après sondépatt de Borne, k>rsqa*il entseconé la poussiËre de see pieds sur la grande Eglise devenue infidèle à ses yeux, ips% Zépbjrkins oonsaora par un arrdté formel le drott de Pé- Tâqne de pardonner de par son autorité sacerdotale les pëehéa déclarés mortels, tels que radultère et Tinipndioité. Tertttliien l'appelle avee une amère ironie Tévéque des évéqoes, sans se douter que cette appellatfen sera plos tard une réalité et couronnera une longue série d^osurpations K Atoc une éloquence magniftque, il lui demande où il ya placer ce trop fametix décret : • Sera-oe à la porte dee lieux de débauche, sous leurs iafAmes écriteaux? Une repentauce si dérisoire doit être proclamée aux lieux mêmes où le Tice la rend nécessaire^ Il faut qu*on lise Tassurance du pardon là oùon entre arec l'espoir de Fobtenlr. Eh bien, non, c'est sur la porte de Téglise qu'on afBche une telle promessCt et Ton dît que l'Eglise est une vierge! Loin, bien loin de répottse de Christ une si abominable proclamation *! » Il no semble pas que le parti hiérarchique ait cru avoir suffisamment triomphé avec Zéphyrinus, car sous son successeur, qui ne faisait que continuer son règne, le décret si violemment incriminé par Tertullîen fot prth mulgué une seconde fois ou du moins confirmé. Le parti

^ <c Maxiraus episcopus episcoporum edicit : Ego et mecbi» et foraicationis delicta pœoitentia fùnctis dimitto. » (Tertall.^ De puâMUm^ t,)

* « Et obi proponetar liberalitas ista. Ibidem^ opinor^ in ipsis ttbtdlnam januis. Sed hoc in ecclesia legitur et virgo est! » {M»)

CALU91£ ÉLEVÉ A lÉPlSGOFAT M ROKIL 44S

inérare hiqw s*7 orutobligé quand il se vit ta faee d^ane

oppMitimi nMTeXIe, d'aiitent plua tedoutable qu^elle

AtMt plus ibodérée et ne poorait étpe aoonsée de sebism^i

BetrâçoQâ les eircoastanees dans lesquelles se pto--

^isil.ee second conflit. Galltste éftait arrivé à ses fins fc

te nortdftZépliyriniis. ▲ foroe d^babileté, de flatterie^

da souplesse, il avait recruté des adb^ento en nombre

suffisant pour être élsiétéqae (21 8<»$!Ï3). Qu'un ancieil

esclave pût atteindra cette haute obarge, rien ne nem

parftit pins admirable et ttienx en accord avec cette

égalité absolue dans le CSirist an point de vue religieux

qne saint Paul avait proclamée en termes ma^iflques,

quand il disait : « En lui il &*7 a plus esclave ni libre. ^

Malhenrensement cet esclave avait transporté dans YE*

^îse Fespcit d'intrigue des afltra&cbis de la noblesse ro«

naine. Après nne jennes^e déshonorée dont le souvenir

était sans doute efibcé, nons l'avons vu flatter les béré»

tiques venus d'Orient, tant qu'ils n'étaient pas démas**

quéft, et cbercher ofaea ceux que leurs doctrines parfis

ouliàres séparaient profondément du montantsme un

poû«t -d'appui contra ces vigides opposants de la biérar-

thîe. Une fois nommé évéque, Caltiste se débarrasse dé

ses alliés inoommodes et excommunie SabelHos, '«on

ami de la veiUe. Il fut plus on uKrins forcé à cet acte

malgré les caresses dont il Tuvait oomblé, par l^ttitude

énDSrgiqse de Fun des anciens de TEgltse de Mome qui

n'était autre qu'Hippolyte, plus tard évéque d'Ostie. Ce

n'était pas m adversaire qu'il fût permis de dédaigner.

Sa réputatlcfn était grande. Il était de la race de; Ulofl*

très apologistes d* Alexandrie, et versé 4ms tentes les

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