ILS MULTIPLIENT SANS MESURE LES LETTRES DE PARDON
soas la réserve que Ton préyiendra réTèqoe et qne la pénitence publiqne ne sera pas négligée.
Les confesseurs obéissant aox instigations des ennemis de Cyprien, lui signifièrent avec une sécheresse arrogante leur intention de persévérer dans ces errements : « Sache, lui écrivaient-ils de leur prison, que nous avons accordé la paix à tous cenx qui f auront donné raison de leur conduite depuis leur reniement, et nous te demandons de notifier cette décision anx autres évéques. Nous souhaitons que tu aies la paix avee les saints martyrs ^ » La concession qui semble ressortir de cette lettre si hautaine était nulle. En effet , les confesseurs n'accordaient d*autre droit à Tévègoe qne de constater la conduite des chrétiens tombés depuis leur chute, mais ils retenaient pour eux la prérogative de pardonner Tapostasie, et ainsi la réhabilitation leur appartenait, dans ce qu'elle avait d'essentiel. Il n'était pas possible de revendiquer avec plus de netteté le pouvoir des clefs et de contester à répiscopat sa conquête la plus récente. Le conflit portait ainsi sur le point le plus grave du litige de la période précédente et blessait la hiérarchie à Tendroit le plus sensible.
Les abus ne firent qu'augmenter pendant quelque temps. Les certificats de réhabilitation étaient prodigués par milliers ^. On les donnait à des familles entières
^ « Scias nos universis, de quibus apud te ratio constiterit^ quid port commissum egerint, dédisse pacem^ et hanc formam per te alUs eplMOpii innotescere voluimas. Optamas te cam sanctis martyribos pacem habew. » (Ep., U.)
* (c Libellorum œillia. » (/(/., SO^ 2.)