SA CONDUITE EST APPROUVÉE
aux chrétiens tombés qui étaient la cause de tont ce désordre. Il leur demanda une prompte soumission et leur reprocha vivement d*oser placer leurs réclamati<»i8 sons le nom de FEglise, comme si TEglise était aiUenn que dans le corps des fidèles uni à Tévèque et à son clergé, comme si elle avait d^autre base que Tépis* copat qui est la pierre sur laquelle elle repose ^.
JusquMci Gyprien a montré autant de sagesse que de fermeté dans cette lutte di£Scile. fiien n'était plus raisonnable que d'ajourner à la paix de TEglise Texamea des cas multiples de discipline que la persécution avait amenés après elle, et de résister aux réhabilitations précipitées et contraires au bon ordre. C'était avec une égale raison que Tévéque admettait une exception pour les chrétiens tombés qui avaient eu l'occasion , dans la suite de la persécution, de faire acte de résistance h l'idolâtrie au péril de leur yie *• Gyprien se montra inconséquent aux grands principes si admirablement développés par lui dans cette crise si grave de son épiscopat, quand il admit qu'en cas de maladie mortelle les certificats des martyrs pouvaient suppléer aux règles ordinaires de la discipline '. On comprend très-bien qu'il eût autorisé ses prêtres à donner la communion aux moribonds en cas de repentir sérieox, mais que yenait faire cette intervention d'une inter-
^ « Quando ecclesia in episcopo et clero et in omnibos stantibos at constituta. » (Gyprien, Ep., 33, 1.)
s « Occurrendum puto fratribus nostris, ut qui libellos a martyribos acceperunt et prserogatiya eornm apud Deum adjuvari possunt, si inoommodo aliquo et inûrmitatis periculo occupati fuerint.» (Id., iS, 1.)
DEDXtÈllB FHASB M LA LCTITE. 46»
eesaion oa d'an mérite tout humains? C'était concéder le prineipe même de Terrenr qa*il a^ait combattue. D semblait alors qne ce qn*il eût snrtoat défenda, c'était Son droit épiscopal, et qn'nne fois l'autorisation accordée par lui, tout était en règle. C'était une fâcheuse inconséquence pleine de périls pour Tayenir, car on sait que TEgiise du moyen âge a attribué aux martyrs glorifiés ee dangereux pouvoir de déverser leurs mérites sur les indignes, à la condition que tout se fosse avec Tagrément de la hiérarchie I
J II. — Seconde phase de la lutte depuis le retour de
Cyprien à Carthage,
Cyprien avait eu l'avantage sur la question de la léhabilitation des apostats. Cependant quand, en 251, il rentra à Carthage, au premier moment de relâche de la persécution, il y trouva une opposition plus for- Biidable que par le passé. Le schisme était à la veille de se constituer. Cette nouvelle lutte éclata à Foccasion d'une décision fort sage de Cyprien. Il avait décrété qo'one enquête serait faite dans les diverses paroisses de Carthage par deux évéques et deux anciens pour s'assorerv des nécessités des pauvres, pour aviser k 11 meUleore manière de les secourir et aussi pour constater l'état des choses au lendemain des temps orageux qu'on venait de traverser. Ce devait être une sorte d'inspection ecclésiastique \ Rien ne pouvait
1 « Gumqae pro me Ticarios miserim. » (C^prieo, Ep., 41, 1.)
170 FÉLIGISSTMUS SE REFUSE A L'INSPECnOM BPISGOPALE.
davantage exaspérer le parti antiépiscopal ; il voyait dans cette immixtion de Gjprien une usorpatioii flagrante, car il prétendait maintenir Findépendance des diverses paroisses qui ne devaient à son sens être unies qae par un lien fédératif . Félîcissimus, que Novatas avait éleié au diaconat sans Fagrément de Gyprien, et qui parait avoir obtenu une grande influence dans son Eglise, grâce peut-être à l'isolement de celle-ci sur une c(d« Une \ résista ouvertement à son évéque. Il se sépara de lui ouvertement et menaça de rexcommunicatiia les membres de son troupeau qui ne le suivraient pas dans sa résistance. Il fut appuyé par les prêtres opposants qui n*avaient cessé de demeurer unis dans leur tendance schismatique. Gyprien lui répondit en le mettant hors de la communion de TEglise, et fntlM>a* tenu dans cet acte d*énergie par les évèquea et les prêtres qu'il avait chargés de Tinspection. La guerre éclatait de nouveau entre les deux partis. Nulle réconciliation n'était possible. L'un des prêtres réfractaires, nommé Fortunat , devint Tévéque des opposants ^. Geux-ci essayèrent de convoquer un concile, mais ils ne purent réunir qu'an nombre infime d*évèques *.
Gyprien tint à Garthage un grand concile des évéques d'Afrique pour faire ratifier les mesures disciplinaires arrêtées par lui pendant la persécution. S*il remit
i « Secum in monte. » (Gyprien^ Ep., 41, 2.) 11 n*y a aucun motif pour lire in morte,
* « Fortunato pseudo episcopo a paacis et inveteratis hœreticis cooitituto. » (/rf., 59, 11.)
» Id., 69, 14.