LE SCHISME EST CONDAUNÉ. DANS TROIS CONCILES
h an examen nltérieur la solution défiDitiye, c*est qa*il Yonlait ayant toat obtenir la confirmation de Texcommunication dont il ayait frappé Félicissimos et ses partisans * . Il rencontra la pleine adhésion de ses coUègnes. Les éyêques d^Italie ayaient tena nn concile semblable à fiome à la même époque, et étaient arriyés aux mêmes conclusions ^. Gyprien en tint un second peu de temps après, dans la préyision d'one nouyelle persécution ; les décisions prises à regard des chrétiens tombés qui donneraient des preuyes de repentir à Tarticle de la mort, et celles qui étaient destinées à faciliter la rentrée dans TEglise , en cas de pénitence sérieuse et d'une ferme résistance aux assauts de Tenneini, furent sanctionnées sans opposition ^.
La lutte, qui semblait apaisée à Garthage, se ralluma sur un théâtre plus grand. Noyatus se rendit à Rome dans la ferme intention d*y fomenter des diyisions nouyelles et d*7 trouyer des alliés dans sa lutte aehamée contre son éyéque *. Cette préoccupation remportait chez lui sur toutes les autres. On allait bien s*en aperceyoir en le yoyant changer soudain d'opinion et de tactique, et après s*étre fait le dé-
. > « Aoctoritas episcoporum in Africa constitatoram qui jam de illia JadicaTerant et eorum conscientiam jadicii sui nnper grayitate damna- Tiat. » (Cyprien, Sp,y Ji9, 20.)
* c Camqae semel placaerit tam nobia qoam confiessoribus et clericia urbicis, item universis episcopis yel in nostra provincia Tel trans mare eoostitatis nt nihil innoyeretnr circa iapeomm causam, nisi omnes in luuun eonYenerimus. » {fd.^ K^, 2.)
» Id., 67, 1.
^ < NoYstos cnm soa tempestate ad Bomam navigant. » {Id., 5t, t.)
472 Lk LUTTE TRANSPORTÉE A ROME PAR NOYATDS.
fenseor d*iiiie tolérance exeessive pour gagner Fadhé* non des martjrs d' Afriqae , s'appuyer en Italie snr les rigoristes à oatrance, montrant ainsi que ses premières Toes snr la discipline n*aYaient ancooe importance à ses yeux, et qu'il ne tenait qa*à une chose, triompher dn pouYoir épiscopal. Les circonstances que trayersait FEglise de Rome étaient favorables aux projets de NoTatus. L'évéque Fabien aTait subi le martyre en l'an 250. Il n'était pas encore remplacé. On pouYait espérer d'élever sur le siège épis* copal de cette grande Eglise un représentant du parti contraire à la hiérarchie, qui n'avait jamais été complètement vaincu.
Le levain montaniste ravivé par saint Hippolyte subsistait encore. La persécution terrible que l'on venait de traverser lui avait été favorable. Novatas n'hésita pas un instant à se rattacher à la tendance rigoriste, parce qu'à Bome elle seule faisait opposition à la hiérarchie, qui était à ses yeux le grand ennemi. Ce revirement ne laissait pas que de présenter quelques difScultés, car les chrétiens romains, et très-particulièrement les partisans des libertés de TEglise, avaient donné raison à Gyprien dans sa conduite vis-à-vis des apostats. Il ne pouvait en être autrement; à Rome les résistances aux progrès de la hiérarchie s'étaient tonjours fondées sur le rigorisme disciplinaire ; le libéralisme ecclésiastique y avait plutôt été un moyen qu'un but, le but principal demeurant la pureté de l'Eglise. A ce point de vue les libéraux de Bome avaient été bien plus favorables à Gyprien qu'à ses
iNTÉBIM ËPISGOPAL A ROME. 171
âdverBaires, et ils le lui ayaient téflioigné de la manière la plaa explicite. Noyatus était donc tena de faire nn changement de front complet, ce qui ne lui était pas difficile, car en changeant de tactique il poursuivait toujours le même dessein.
Les deux tendances qui se partageaient TEglise de Borne n^ayaient pas renouvelé leurs querelles depuis la mort d'Hippolyte. Le péril commun les avait, sinon réccmciliées, au moins apaisées^ surtout dans la période qui suivit le martyre de Tévèque Fabien. €et esprit d^anion et de concession si nécessaire dans la situation grave où se trouvait une Eglise sans chef sous le feu d'une terrible persécution, se manifeste dans une lettre écrite par ses prêtres et ses diacres à TEglise de Carthage, au moment même où Gyprien avait dû fuir devant la proscription. On trouve dans ce document écrit sans art un grand sérieux moral, et le sentiment profond de la responsabilité d'un clergé qui n'a plus d'évéque à sa tête, et qui doit se surveiller lui-même avec d'autant.plns de scrupule ^ On reconnaît FEglise des catacombes aux exhortations pressantes que contient cette lettre de ne pas négliger le corps des martyrs ^. La question disciplinaire est traitée avec ménagement. D*ane part, le clergé romain regarde comme son devoir d'entourer des sollicitudes les plus compatissantes les chrétiens tombés '. D'une autre part, il ne parait pas admettre de réhabilitation publique et formelle devant
1 Gyprien, Ep., %, 1.
« /rf., 8, s.
474 NOVATIEN EST LE CHEF DÉSIGNÉ DE L'OPPOSmON.
r Eglise; il abandonne les apostats à la miséricorde de Dien, sauf le cas de danger de mort ^ Eyidemment nne telle lettre était le résultat de concessions mutuelles, bien que Tesprit dominant qui Finspire est bien celui de Tindulgence raisonnable.
Il n'était pas possible de rester longtemps dans cet accord. Les débats soulevés à Garthage eurent prompte^ ment leur écho à fiome. Nous ayons yu les confesseurs mis en cause par Gyprien lui donner leur adhésion et se distinguer de leurs frères d'Afrique par un ri* gorisme tranché. Le conflit entre les deux tendances deyait éclater à l'occasion de l'élection du nouvel éyéque qui soulevait de vives compétitions. Le candidat dn parti rigoriste était un prêtre éminent du clergé romain, nommé Novatien. Ses ennemis l'ont chargé de graves accusations. A en croire son adversaire victorieuT, l'évéque Corneille, il aurait été dans sa jeunesse en proie à une de ces mystérieuses maladies dans lesquelles on reconnaissait la possession du démon '. L'exorciste inconnu auquel il devait sa délivrance l'aurait baptisé sur son lit de maladie que l'on croyait devoir promptement devenir un lit de mort, sans qu'il eût jamais reçu l'imposition des mains de l'évéque. On en inférait que sa nomination à la prêtrise était irrégulière. Corneille lui reproche en outre de s'être dérobé
* « Si quo modo indulgentiam poterant recipere ab eo qui poceii prsestare. » (Gyprien^ Ep., S, 2.) « Subdidimus^ ut si^ qui in hanc tentitionem inciderunt^ caeperint apprehendi infirmitate et agant pœnitentiam facti sui et desiderent communionem , utiqae subveniri ils debeU » (/rf., 8, 3.)
• BoY)6o6[JL€voç uicb Tûv èxopxicrcûv. (Eusèbe, H. E,, YI, .a.)