‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 8 sur 236 · EXAMEN PRÉLUIINA1RE DES CANDIDATS · texte numérisé non relu

EXAMEN PRÉLUIINA1RE DES CANDIDATS

peuple chrétien ne se réunisse et qa*on leur demande les causes qui les ont amenés à la foi ; que les chrétiens qui les ont conduits témoignent s*ilssont capables d'entendre la Parole divine, et que Ton scrute leur conduite et leur manière de vivre * . » L'hésitation n'est pas permise ; on ne peut avoir un pied dans les deux camps, du jour où Ton prend FE^ise pour guide dans le chemin de la vérité.

La pureté des mœurs est la première condition exigée. « Que Ton sache si le candidat est marié ; s'il ne Test pas , qu'il apprenne à renoncer à toute débauche , à se marier chastement ou à vivre dans l'abstinence selon son devoir ^« »

L'examen des candidats est surtout sévère en ce qui concerne les relations avec le paganisme; ils doivent rompre avec toute pratique idolâtre, avec tout métier qui se rapporte à la fabrication des idoles, à ce que r£glise appelle la théâtromanie^ à ces jeux scéniques, fatalement entachés alors par les impures légendes de la mythologie. L'interprétation des songes, les arts magiques ne sont pas moins expressément interdits. L'esclave doit avoir un bon témoignage de son maître et celui-ci, s'il occupe une dignité ou une magistrature qui le contraint à des pratiques païennes, est sommé de la déposer avant de passer avec son serviteur sur le

* OC xpdiTax; xpodi^vreç ty; îcaiv^ x(<rr£t àxoûstv xbv X^yov... xàç akiaq è^sxaÇéaOwcjav ou yidpi^ •jupoaijXOov vf^ xforet • oX ts xpoaevs-ptévTSç [ji.apTupe{T(i>(7av aÔTotç, d 8uvaTo( ewtv dbco6eiv Tbv XoYOV. (Const, Eccles, Egypt. (coptes)^ II, 40. Bunsen, Ântenicxna, vol. II.)

< Const. Eccleê, Egypt, y II, 40.

40 L'OBJET DE L*ENSEION£fil£NT GATÉGHKTIQUE.

bane dei catéchumènes. Le service militaire n'est autorisé que 6*il est subi par nécessité * .

Une fois admis à renseignement de TEgUse, le prosélyte doit en parcourir le cycle entier qoi dure trois années, à moins qu*il ne donne auparavant des preuves d*une instruction suffisante; car « ce n'est pas le temps qui importe mais le changement de la vie '. » L'enseignement est donné aux catéchumènes avant l'heure du culte. La profession publique de leur foi qu'ils sont appelés à fnire au moment du baptême nous permet de déterminer l'objet et la nature de cet enseignement; évidemment ils ne font que résumer alors ce qu'ils ont appris de la bouche des maîtres chrétiens. On voit que ce cours d'instruction se divisait en trois parties qui correspondaient aux trois années de sa durée. La pre-* mière était consacrée à fonder solidement la base de toute doctrine religieuse en développant l'idée du vrai Dieu, qui est tout ensemble le dominateur et le père de tous les êtres ^. Il s'agissait d'une part d'établir la notion du Dieu personnel en face du panthéisme où s'abîmait la spéculation païenne, et d'une autre part d'écarter cette transcendance du premier principe, si en vogue alors, qui le reléguait dans une sorte de néant métaphysique et lui refusait toute action sur le monde.

L'enseignement catéchétique abordait dans sa seconde partie la doctrine du Christ, sa relation éternelle

» Conft. Sgypt., U, 41, M., II, 42.)

' Tbv jjLévov diXifjOivbv Oebv Tbv icaiépa. (W., U, 46.)

LOBjn DE L'£;NSBKSNSM£NT CATâGHKTIQU& H

avee la Pèr^ comme lils unique et son œuvre rédemp** trice comme Sauteur ^ C'était toute cette grande pbilo* sophic du Yerbe qui avait reçu de si magnifiques déve* loppements à Aleiaiidrie« La doctrine du Saint-Esprit était enfin développée; il était présenté comme le prin* clpe vivifiant communiquant à Féme la vie divine ^. On le voit) renseignement tout entier se rattachait à la tbéodicée chrétienne^ conçue bien plutôt au point de vue de Factivité des personnes divines dans la rédemp* tion que dans leur essence et leur relation mystérieuse entre elles. Ce n'était pas encore la métaphysique sub*» tile de Nicée« Dieu était tour à tour présenté comme Père, comme Sauveur, comme Esprit de vie, sans que les formules trinitaires fussent pressées. L^enseignement catéohétique était tout entier imprégné de ce ca» raotère vivant opposé à toute abstraction philosophique. Une grande part était faite à Thistoire de la révéla* tion qui se déroulait conformément aux trois grandes manifestations de Faction divine au sein de Thumanité» La oonnaissanoe approfondie du Dieu créateur ^sor* tait d'un large tableau historique des origines du monde^ de la création de Thomme et des principales dispensa-* tiona providentielles qui, depuis Tâge patriarcal jusqu'à la fin de l'ère païenne, ont préparé par des voies di* verses la race d'Adam à s'élever de la vanité de Fer* reur à la connaissance de la vérité et de Fempire du mal à la liberté. Venait ensuite Fexposition de l'incar-

^ Tbv [jLovoYevY) a-jTOu ulbv 'r^aouv Xpia^bv xbv x6pwv ka\ vcotîipa ^PkC5v. {Canst Sffypt,, H, 46.) ' Tb àftov 'jcveujjic tb !^u)0ico(o9v. (/rf., Il, 47.)

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