LECTURE DES SAINTES ÉCRITURES
n*en est pas empêché par quelque obstacle, car si Ton y est contraint parla maladie on p'eut prier assis ou couché. Il est aussi des circonstances comme quand on voyage sur un yaisseau, dans lesquelles, ne pouvant suivre la coutume, on peut prier sans qu* aucun signe extérieur ne rindique. Qa*on n'oublie pas que Tagenouillement obligatoire pour la confession des péchés n'a d'autre valeur que de symboliser un esprit humble et brisée Le vrai type de la prière chrétienne est toujours le péager de la parabole se frappant la poitrine et criant grâce au Dieu qu'il a offensé^. Il est convenable de ne pas élever la voix dans l'oraison et de se contenter du langage secret d*un cœur pénitent comme le faisait Anne, la mère de Samuel ; saint Paul n'a-t-il pas dit que les soupirs formés dans l'Ame chrétienne par l'Esprit -Saint sont ineffables? Dieu n'entend pas la voix, mais le cœur'.
La lecture et la méditation des livres sacrés jouent un rôle important dans le culte intime. La prière est considérée comme la clef qui ouvre le divin trésor. « Bien n'est plus nécessaire que la prière pour l'intelligence des choses divines, » écrit Origène à l'un de ses disciples les plus aimés *.
Jusqu'ici nous avons surtout considéré la prière individuelle. A elle seule elle su£Ssait pour élargir rhorizon de TAme chrétienne et l'enlever à d'égoïstes préoccupations. En priant elle remplit un sacerdoce et elle porte à Dieu avec ses peines le fardeau des dou-
1 Orig., De orat., 81.
* Cyprien, De orat* domin., 6.
s a Deus non vocis sed cordis auditor est. » (/(/., 4.)
^ Orig., Ep. ad. Gregor, Thaumat,
242 CARACTÈRE SACERDOTAL DE U PRIjÈlRE.
leurs de rhumanité et de l'Eglise. « (.e prince de la paiXf dit Cyprien, le maître de THOité p> p^s vpola que notre prière eût un caractère d^isolefneuf; ^qdividuel, de telle sorte que nops ppssipns jamais prier pQur noo9 seuls. Il n'a pas dit en effet : Mon père qui ef au det^-— ni : Donne-moi mon pain quotidien^ -r- ni : Pi^rdamiâ wf^ offenses. La prièrje a toujours poi^r ppus ap carapfaïFe général ; elle implique la communauté, et qmQd pool prions, ce n'est pas pour un seul chrétien^ ipai3 ffmt tout le peuple de Dieu, parce q4e nous sommes ui|iaYe$ ce peuple. Le Dieu de la paii: et de Tamo^r qui aoqs f enseigné Tunité, a voulu que cl^acun priAt poi^r ton», parce qu'en sa personne tous ont été comooye poité» par un seul*. » C'est ainsi que la prière s'épanche comme l'eau d'une source pour se répandre au 4oho,n sur le monde entier^ elle est déjà en soi une communion spirituelle, comme Findique le pluriel subJLîme de l'oraison dominicale. Il est donc naturel qu'avaat de se manifester dans les grandes assemblées chrétiennes, cette communauté de la prière se réalise dans Tenceinte de la famille.
La maison chrétienne n'estrçlle pas un çanctaaire depuis qu'elle a ouvert sa porte à l'hôte invisible? Nous avons déjà cité la belle et touchante parole de Glémfint d'Alexandrie, qui nous montre le père, la mère et l'enfant, trouvant dans leur prière commune l'acconjipljusseraent de cette divine promesse : « Là où deux oi^ trois
1 « Publica est nobis et communis oratio, et quando oramas^ non pw uno^ sod pro toto populo oramus^ quia totus populus unam smniis.i (Cyprien, De orat. domin,^ 8.)
PRIÈRE DE FAMILLE. BÉNÉDIjCTION DU REPAS. 243
sont assemblés je suis au milieu d'eux ^ « Bien Ip^n qu/e Le mariage paraisse un ol^stacle à li^ piété, il est sanctiQé par ftUe. « Si tu as uue femme, dit 1^ Comtitutiotp coptey prie ^yec ell.e^. Que Tuiiiou conjugale ne soit poiKt un obstacle k la prière, car iellç pe nous en}ève point la pureté, puisque ceux qui ont été lavés dans le S6ing (|^ la Df^j^p^ptiou, u'ont pas besoin de l'être enicore. ^s ^q}\\, sanctifiés et purifiés^. » Les épouf doivent aussi bien Yaqii^r e^s^mble à I9 lecture .des saints livres qu'à TpnuusoD, surtout qu^ud Us jie peuvent ^ssislt^çr ^\\ culte pnblic^. Tous les actes les plus ordinaires de la vie sont relevés et consacrés par la prière. Les choses célestes doivent passer avaut les terrestres et il est plus important de prendre soiu de son âme que de son corps. Le chrétien était teou de prier avant de se rendre aux bains publics ^. La bénédiction du repas avait une importance particulière. Dans la religion hébraïque le père de famiUe accomplissait uu acjbe vrainient sacerdotal quand il bénissait Pieu le jour de Pâques, au mo* ment de manger Tagneau pascal. G.ç grand SQ^V|9UJur de- Tjait revenir h spn esprit t/)utes jl^s £ois qu'ijl f aillait monter vers le ciel une humble action d^ gr4ce autour
< Clément d'Alejc.^ Strom.^ III, 10^ 68.
• Et 8à -pvatxa Sx^tç, 5[ji.a TpoaeùxscrOe. (Comt. Egypt., X, 62.) ■ 2u 8è'6 "^i^iù èe8s[ji.évoç, [jl')) xwXùou -ïrpoaeôxeo^at, ou Y^p
ixiOapToC iore. (Jd,, l\, 62; comp. J€»n XIII^ 10.)
* Eu^^^ xaC àvaYV(î)a£a)ç y,atp6ç. (Clément d'Alex., Pxdag.y TI, \%, «a.) IEv Se i^l^p<î ^ -mvt^frfK^ ou Y^veTat oïxot Ixogioç &y^®^ Pt6X(ov Xa6wv àvaYtvwaxéTO txavwç xà oupiçépsiv ôoxouvra. (Const.
^gypiy H. 62.
> « Sed et cibum non prius sumere et lavacrum non prias adire^ quan) iolarposita or9iioii9> fldeles deçet. » (l'ertuU., ^e ora/., 20.)