‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 5)Chapitre 95 sur 236 · LE CHRISTIANISME AU FOTER · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME AU FOTER

lai, devant tant de spectacles toat ensemble honteux et brillants, ou bien an fond d'une petite bourgade perdue I Le culte chrétien se célébrait à ces humbles foyers sous des formes plus simples, mais avec autant de solenpité que dans les grandes assemblées où se réanissaient les croyants de la cité. Quoi de plas beau et de plus touchant que cette adoration en commun du matin et du soir, rassemblant la femme, les enfants et les serviteurs autour du père de famille, vrai prêtre de la maison I Les saintes Lettres n'étaient pas lues avec plus de respect dans le culte public que sous ce toit modeste, peut-être indigent. L'oraison ne s'élevait pas avec plos de ferveur et d'élan vers le ciel de la bouche de Tévéque que de celle de ce pauvre artisan ; il ne se contentait pas d'exprimer les besoins et les épreuves des siens, avec une naïve simplicité ; il présentait encore à Dieu les tristesses et les glorieuses souffrances de son peuple persécuté sans oublier les détresses cent fois pires d'un monde perdu et impénitent. Le cantique auquel se mêlaient les jeunes voix des enfants, emportait à Dieu autant d'ineffables soupirs que les hymnes sublimes de l'Eglise. Quand le père avait béni les aliments peutêtre grossiers, servis sur la table rustique agrandie pour les saintes nécessités de l'hospitalité, il semblait que l'on assistait de nouveau au souper du Seigneur, comme dans les temps de l'Eglise de Jérusalem, où les apôtres rompaient le pain de maison en maison. Parfois le grand silence de la nuit était interrompu par une voix grave qui retentissait à l'heure où l'Epoux a promis de revenir chercher les vierges fidèles,

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