S NECESSITES DU CULTE PUBLIC
grands centres de la civilisation antique ; le culte public n'était possible dans de telles conditions que s'il trouvait un édifice approprié à sa célébration et des heures connues de tous, qui fussent le rendez-vous de la prière. Il était aussi bien nécessaire que le bruit da siècle, si propre à assourdir TAme chrétienne, cessât quelques instants pour qu'elle pût entendre dans le recueillement la voix d'en haut, et qu'elle pût trouver h sa portée ces hauteurs sacrées de l'oraison semblables à ces collines de la Judée où Jésus se réfugiait pour prier, bien que tout lieu fût saint pour celui qui avait dit à la femme de Sichem : « Le temps est venu où l'oii n'adorera plus le Père sur cette montagne, ou à Jérusalem. » Il suffit de la psychologie la plus élémentaire pour comprendre le prix de ces retraites de la prièf^, où le pèlerin en route vers le ciel secoue pour quelques moments la poussière du chemin et se retrempe dans la contemplation des choses éternelles, sans qu'il soit nécessaire d'en revenir aux idées d'un Juif de Taucienne alliance et d'attribuer un caractère exclusivement sacré aux lieux et aux jours qui procurent ce saint repos. Nous ne nions pas néanmoins que la pente ne soit glissante et que le déclin de la spiritualité première n'ait amené assez promptement l'Eglise défaillante à la notion surannée d'un nouveau sabbat et d'un nouveau temple, comme elle est retournée sous les mêmes influences au sacerdotalisme abrogé par l'Evangile. Elle n'en a pas moins conservé longtemps dans sa pureté première la notion du culte « en esprit et en vérité, » qui ne se lie à aucune condition extérieure.