LE DIMANCHE NE REMPLACE PAS LE SABBAT
réyèque de ces temps, qa*il est le premier parmi des égaux, pritnus inter pares.
Nnl décret apostolique, nnlle décision épiscopale on conciliaire, n'a institué la fête du premier jour de la semaine, pas plus que les jours de station cales heures du culte privé. Le dimanche est le fils de la liberté chrétienne, et non Théritage de la servitude judaïque. Puisant leur force et leur joie dans le souyenir de la résurrection de leur maître, les chrétiens se plaisaient à en célébrer Tanniversaire chaque semaine. Par une transition facile à comprendre, ils associaient la sortie du tombeau du Prince de la lumière au souyenir du grand jour où la première aurore sortit à sa yoix da chaos comme d*un autre sépulcre ; ils aimaient à confondre dans leur gratitude les dons de la création et les grâces de la rédemption ; le dimanche leur rappelait cette double action du Yerbe créateur et sauveur . Justin, après avoir déclaré hautement que les chrétiens ne sabbalisent pas comme les juifs, ajoute : « Notre grande assemblée a lieu le dimanche, parce que c'est le premier jour, dans lequel Dieu transformant les ténèbres et la matière, a créé le monde et aussi parce que Jésus-Christ, notre Sauveur, est sorti de la mort ce jour-là, car le samedi il a été crucifié ; et le lendemain du samedi il parut à ses apôtres et à ses disciples et il leur enseigna ce que nous offrons à votre méditation ^ » Le libre et généreux esprit de Justin n'éprouvait aucun scrupule à
Xeuatç ':(i^e'ïca, (Justin, Apol., II» 67.)
CARACTÈRE JOYEUX DU CULTE DU DIMANCHE. 2ft7
appeler le dimanche le jour da soleil, selon la coutame du monde antique, parce qu'il donnait à cette appellation un sens riche et nouveau; fidèle aux principes de son apologie, il recueillait comme une semencç du Yerbe la yérité partielle qu*il rencontrait dans le paganisme, en s* efforçant de lui donner un déyeloppement éyangéliqne. Les chrétiens plus timorés évitaient une désignation qui pouvait autoriser les païens à les accaser d'être les adorateurs du soleil ^ L'expression préférée était celle de dimanche ou de jour du Seigneur, déjà employée dans les lettres attribuées à Ignace * : Plus tard cependant le nom ancien de^'otir du soleil reparut et obtint la prédominance dans plusieurs langues modernes.
Tout devait marquer la joie du chrétien au jour anniversaire de la résurrection. Il ne lui était pas permis de jeûner, il priait debout dans le culte public aussi bien que dans le culte privé , afin de s'associer au triom« phe du Prince de la vie. Le culte qui réunissait tous les fidèles se célébrait avec une solennité particulière. « Au jour du Seigneur, portent les Constitutions apostoliques dans un texte qui semble sans surcharge, réonis^z-vous pour bénir Dieu et célébrer la miséricorde qu'il vous a montrée en Jésus-Christ, en vous délivrant de Tesclavage de Terreur; que votre offrande soit pure et agréable à Dieu qui a dit à son Eglise universelle : En tout lieu on doit m'offirir Tencens
*■ Tertnll., ApoL, 16.
« Const. apost., II, 47; VIII, 33. Elq T^v xupiaxi^v. Pseudo Iguat«, ad Magnes., 9, 10;
et l*offrwde pore, oar je suis |iii grand roU 4it le S^h goeur, et mon nom eat admirable p(irmi les natioiis '• v Bien u'in4iqae dans le courfi da seoead aiiole que k chômage fût obligatoire. Les Camiit^tionfi iijfosiçUqm qui le commaudeut sont d'aqe date pqatâmeiure; ellei rédigent égalemeat ponr le sabbat, sana se référer d^aih euae façon h. la loi moaaîlqae, et en se fondant onîquer* ment sur les nécessités dn oulte ^. Teitqllien qui de-^ mande formellement au commencement du troisième siècle la cessation de tout travail le dimanche, ne se préoccupe point de rappeler le grand repoa du Créateur au sepUème jour, il ne pense qu^ assurep dea oondir tioits favorables au recueillement; le# expreasiona qa*i] emploie semblent indiquer que ce qu'il demande est une innovation qui est loin d'être généralement aeoep* tée 2 <( No\is devons, dit-âl, nous abstenir le jour de la résurrection de ce qui pourrait nous troubler et nous distraire, différant même toute affifti^e de peur de donner prise à la tentation ^. » On avait coutume de choisir le dimanche pour régler les différends entre chrétiens de^^ vantles anciens de TEglise ^.
Pendant une assez longue période dont il est asseï di£Bcile de fixer le terme dans le second siècle, les chrétiens n^ont pas connu d'autre fête que le dio^anobe. Il était cependant facile à prévoir qu'ils ne s'en tiendraient
i Ççnst' Qpost.y VII, aç.
2 Aià TY)V oi$a(77,aX(av tyjç cùasêeiaç. {Const. apost,, VIII, 33.)
3 « Nos vero, sicut accepimus, solo die dominico resurrecdonis omni anxietatls habitu et oilicio cavere debemus^ différentes etiam uegotia^ ne quem diabolo locum demus. » (Tertull.^ De orat, 18.)
♦ Const, apost., U, kl.
LA p^QUE ET LA PENTECOTE CÉL]p;pRÇpS AU |I' BmH^. 359
pas 1^ et qu'Us appliquerfii^nt à Tancée ]q prmçipe qqi ayait (Jétermipé ]^ dispop|tion de leurs jourqées et de lew* seoiAÎnes. Il fîiçit îmsBi faire 1^ part de riufluepQp quç les souyenirs de TAoçieii Testai^pnt exerçftient sur l9 je^Qe ÇgJiw ; çUe deyftit ^tr? facUemept ft^le^ée k Iw emprunter quelquechunes de se^ splep^ités^ surtout
celles qm étaient de grande types de la rédemptîoa. Pe toutes les fêtes juives, il en étsit deux qui apparte- Pfiient 4'4vanGe m christianisme : e' étaient la P4que et Ift Pept^ftite. Lft PAqqe rappelait tout eusemble l'immol^tipu du Téntal^le «gueau pasca) et la résurrection , ellQ r^^ttachf^ît ^in^i par uu lien étroit la religion des promesses à celle des accomplissements, J^es Juifs d'Ar Je^fuidlPie) piui subtils que leurs frères de Palestine, se plaisaient ^ y voir le symbple de Tâme affranclûe de la captivité des senp, comme d'une centre tçrre d'%j pte ; mais cette interprétation > bonne pour quelques esprits philosophiques, ne supplantait pas la grande çomm^pioration de la résurrection. La Pentecôte, qui était la fête 4e§ moissons dans le judaïsme, rappelait V effusion du ^i|it<-£^prit et toutes les grâces divines qui avaient jailli dq tombeau de Jésus-Christ comme d'une source vive S Yoil^ pourquoi TËglise ne séparait pas la Pentecâtede la P|ique et en faisait une seule et même fête ^. Tout \e temps qui s'écoulait depuis la Pé^que jusqu'à la
^ Origène énunière ainsi les fêtes chrétiennes de son temps : Ta TZzgX Twv xuptax(i)V, ^ •ïuapaoxsuwv '^ 'zoù izdaya ^ 'àiq 'KevvfiY.oz^riq 8' "JilJlçpûv Yivé[Ji.£va. [Contra Cels,, VllT, 22.)
' « Pentecostem implere. » (TertuU., De idolat,,ik.) Le concile d'Elvire, daos son c^noq 43^ a le premier limité la célébration de la Pentecôte au joar anniversaire de Teff^slon du Saint-Esprit.