DÉCADENCE ARTISTIQUE
lOrient rajeunit l'inspiration sans l'altérer; la nationalité hellénique avait encore trop de vigueur pour abdiquer. L'artiste grec pouvait bien être séduit par le grandiose oriental, mais non pas déserter la tradition des écoles de son pays. Cependant le nouvel ordre de choses inauguré par le conquérant allait bientôt précipiter la décadence des arts plastiques. L'artiste, dans les intelligentes démocraties de la Grèce, devait chercher dans ses œuvres à saisir l'esprit et l'imagination de tout un peuple artiste lui-même. Il fallait donc qu'il s'attachât à un point de vue élevé, universel et vraiment humain : de là le caractère religieux et patriotique de ses inspirations. Il n'en est plus de même depuis qu'il a trouvé auprès des princes une protection assurée. Il est désormais préoccupé de flatter leurs goûts et leurs plaisirs. Toutes les grandes idées de l'hellénisme avaient été exprimées par les glorieux artistes du temps de Périclès. Ils avaient, comme les poètes leurs contemporains, emporté avec eux la noble inspiration à laquelle ils avaient obéi. Leurs successeurs étaient rompus à tous les secrets du métier; ils maniaient le ciseau avec une habileté remarquable ; mais ils n'avaient pas d'idées grandes, et surtout d'idées religieuses à exprimer. L'art se faisait courtisan; il l'était avec une distinction merveilleuse, mais qui ne pouvait racheter la vile condition acceptée par lui. 11 élevait plus de palais que de temples; U visait au brillant et à l'utile, comme le prouve la construction d'Alexandrie etd'Antioche. Il était beaucoup plus préoccupé d'embellir la demeure de l'homme que de donner un caractère imposant aux édifices reli-