DEVELOPPEMENT DU LUXE
gieux. L'ordre corinthien avait universellement détrôné l'ordre dorique; les arts mécaniques prenaient un développement extraordinaire; les chars, les machines de guerre étaient ornés avec luxe; la sculpture multipliait les statues de princes, comme aussi les marbres qui personnifiaient les villes fameuses; les statues des dieux, procurant moins de profit, étaient beaucoup plus rares. I/écolc de Rhodes, fondée à cette époque, produit des chefs-d'œuvre, comme le Laocoon et le Taureau de Farnèse. Mais déjà la préoccupation de l'effet est sensible; elle a quelque chose de théâtral, tout en demeurant fidèle aux règles du beau. On peut prévoir que plus l'inspiration manquera, plus la recherche de l'effet sera sensible, plus on s'éloignera de la beauté classique, si pure et si paisible. Les pierres précieuses sont travaillées avec un grand soin, comme tout ce qui tient au luxe. Quant à la peinture, elle suit la même marche que la sculpture; elle tourne au métier; elle s'amollit et se prodigue. La mosa'ique, qui contribue à l'ornementation des palais, acquiert une prédominance fâcheuse. Ainsi, en religion comme dans la philosophie et dans l'art, la décadence se prépare, retardée encore et dissimulée par l'éclat d'une civilisation raffinée, mais amenée irrésistiblement par la corruption croissante et l'écroulement des bases morales du monde ancien. Un événement considérable va hâter cette décadence; c'est la conquête de la Grèce et du moule par Rome et la formation de l'empire.