COMMENCEMENTS DE LA PUISSANCE ROMAINE
Jiome avant et après la conquête de la Grèce.
Pendant que la Grèce s'épuisait en luttes intestines, une puissance nouvelle surgissait en Italie, et tout faisait prévoir qu'elle serait l'héritière heureuse des conquêtes d'Alexandre. Ses origines avaient été humbles et obscures. Elle avait eu pour berceau une petite ville du Latium, habitée par une population rude et grossière, singulier ramassis de bergers et de brigands. Mais cette peuplade ignorée, et qui méritait à tous égards ce nom de barbare si généreusement prodigué par la Grèce, possédait une force cachée qui est le secret des grandes choses et qui accomplit l'impossible sur la terre. Elle avait foi dans ses destinées, et cette foi était indomptable, car après chaque revers elle reparaissait plus énergique. Le peuple romain n'avait pas cessé un seul jour de marcher à son but de conquêtes, avec une persévérance aussi infatigable qu'héroïque. Aucune victoire n'épuisait son ambition, aucune défaite ne brisait son courage. Vaincu, il attendait un retour de fortune; vainqueur, il faisait un pas en avant. Jamais l'unité et la solidarité des diverses générationsd'un peuple n'apparurent plus réelles; on eût dit un seul homme toujours animé d'une même pensée. L'œuvre commencée par les pères était reprise sans hésitation et sans retard par les fils au point où elle avait été laissée. Cette forte race romaine fut aussi bien trempée parles luttes de la démocratie que par la guerre étrangère. Les violents débats entre les patriciens et les plébéiens remplissent toute l'histoire