GÉNIE MALE ET GUERRIER DE ROME
intérieure de Rome; ils lui donnèrent ce caractère de fierté et de dureté qui caractérise son génie. Elle grandit sous le régime d'une orageuse liberté qui remuait trop de passions pour ne pas être souvent ensanglantée. Le Romain se repose de la guerre et du forum par l'agriculture; SCS mains sont vouées à la charrue et au glaive. De là une grande simplicité de vie qui va jusqu'à l'austérité, un je ne sais quoi de grand et de sérieux répandu sur toute l'existence, la pureté relative des mœurs, la dignité du foyer domestique, mais aussi une dureté implacable pour le vaincu ou pour l'étranger. Le Romain de la république, comme on l'a très-bien dit, est l'homme du droit; il le représente dans ce qu'il a d'inexorable, ill'a formulé avec une incomparable netteté et un grand sens pratique; mais il n'a pas compris que s'il a des droits, il a aussi des devoirs. Il se regarde naïvement comme le créancier du genre humain et il s'imagine qu'il lui appartient en propriété légitime, tandis qu'il ne lui doit rien que des proconsuls pour l'exploiter. Cette inflexibilité et cet orgueil revivent dans la langue de cette race conquérante, langue précise comme un commandement militaire, brève comme un mot d'ordre dans le combat, négligeant toutes ces articulations délicates qui assouplissent le discours et dont l'idiome grec abonde. Festinat ad rcs. C'est la langue de l'action, tranchante et dure comme un glaive. Elle ne se contente pas de peindre la pensée, elle la grave et la burine.
On comprend que la religion d'un tel peuple dut différer profondément du paganisme hellénique. Ses premières croyances furent un mélange d'anciennes