LA RELIGION ROMAINE
traditions locales. On retrouvait dans ses idées religieuses les données élémentaires des religions de la nature, l'adoration de ses forces ou de ses lois. Les dieux cachés adorés en Etrurio représentaient le pouvoir mystérieux et inexorable de la nature. L'Indra ■védique reparaît dans la religion étrusque ; en effet, comme les premiers Védas , elle voit la manifestation par excellence de la divinité dans le grondement du tonnerre et l'éclat de la foudre. Les Etrusques cherchaient dans les éclairs les signes de la volonté divine; la science des augures était très-développée au milieu d'eux. Leur religion était essentiellement un art, l'art de découvrir les desseins des dieux et d'agir sur eux par des rites variés. Ils avaient également donné une grande importance aux divinités d'un ordre inférieur, aux démous et aux génies. Ils les appelaient dieux lares et eu avaient fait les protecteurs du foyer et de la famille ^ Cette religion bizarre, mélangée aux cultes divers du Latium et quelque peu enrichie par les traditions helléniques qui arrivaient parla Grande-Grèce, fut le premier fond des croyances nationales de Rome; mais bientôt la fière cité les marque de l'empreinte qu'elle laissait sur tout ce qu'elle s'appropriait. Son génie était en tout l'opposé de celui de la Grèce; elle n'avait point cette riche imagination qui crée les mythes et fait de l'histoire des dieux une brillante poésie. Aussi jusqu'au jour où la Grèce, asservie par Rome, la conquit moralement et déversa sur elle toute sa civilisation, rien
1 Dœllinger, p. 457-463.