INFLUENCE DE LA GRÈCE CONQUISE SUR ROME
Livius Andronicus; mais leur main est trop rude pour faire revivre dans la copie la gn\ce et la fraîcheur de coloris de l'original. Le génie de Rome ne brille à cette époque que dans la comédie avec Plaute et Térence, parce que le ridicule abonde dans cette phase intermédiaire où des mœurs nouvelles luttent contre d'anciennes traditions nat'onales. Les artistes grecs remplissent la ville, ils y portent leur facilité, l'élégance et la souplesse de leur manière; mais ils travaillent pour les oppresseurs de leur patrie : c'est dire à quel point l'inspiration élevée doit leur manquer. Cependant, ils sont encore trop près de la grande époque artistique pour ne pas produire des œuvres admirables. Rome est embellie par eux et leur disciples. Rien ne peut plus arrêter le luxe. Mais l'agent le plus actif de la corruption est le sophiste grec de la décadence, le représentant de la nouvelle académie, le sceptique blasé qui, comme Carnéadc, vient enseigner à Rome le mépris des choses saintes et saper les bases morales de la société. Toutes ces influences combinées amènent la chute de la république. Rien ne prépare mieux l'humanité à accepter docilement les jeux de la force qu'un scepticisme effréné. Il y a entre l'incrédulité et le despotisme une secrète mais sûre intelligence. Du jour où Rome ne crut plus à ses dieux, elle ne crut plus à elle-même; la république était frappée des mêmes coups qui avaient atteint la religion, et le pouvoir n'était plus qu'une proie disputée par des ambitieux sans crainte comme sans scrupules. Ni la vertu d'un Caton, ni l'éloquence d'un Cicéron, ni le poignard d'un Rrutus ne pouvaient sauver la