ÉCLAT DE LA VIE ROMAINF
rénovation prochaine. Si l'on en excepte Virgile, ce que les poètes de cette époque célèbrent avec le plus de charme c'est la volupté. Les Métamorphoses d'Ovide réduisent l'histoire des dieux à de galantes aventures, et la grâce du style ne rachète pas l'impiété de l'inspiration. La restauration littéraire nous apprend à estimer à son prix ce que vaut la restauration religieuse. Nous sommes en droit de considérer le siècle d'Auguste comme un épisode dans l'histoire de la décadence du paganisme. Elle commence avant lui, elle se poursuit après lui, et, à y regarder de près, il ne fait pas perdre un jour au travail de décomposition sociale. Aussi, dans le tableau que nous en présenterons, et qui doit être un tableau d'ensemble, nous comprendrons les temps qui précédèrent immédiatement l'empire comme ceux qui le suivirent.
C'était une grande vie sous le rapport du luxe que la vie romaine a la lin de la république et au commencement de l'empire. Les maisons, comme ledit Sénèque, étaient toutes reluisantes d'or; on y voyait circuler une foule d'esclaves parés de vêtements somptueux; les richesses s'étalaient dans les moindres réduits, et des jets d'eau s'élevaient en gerbes étincelantes dans les salles du festin *. Le palais d'un riche Romain comprenait souvent quatre salles à manger, vingt chambres à coucher et cent autres chambres; il était entouré d'un double portique de marbre ^. Le luxe des édifices publics
* « Divitiis per omnes angulos dissipatis. » Sénèque, De tranqin'll. anim., ch. I.
« Pétrone, Safyricon, ch. LXKVH.