ÎOJ ECLAT DE LA VIE ROMAINE
l'emportait encore sur le luxe des particuliers. Divisée en quatorze régions, Rome comptait une multitude innombrable de temples et d'aqueducs. Les forums étaient entourés d'un millier de statues. Le forum principal était ceint de deux portiques de colonnes richement ornées ; les temples se groupaient tout autour ; le peuple promenait majestueusement son ennui sous ces vastes portiques. Les thermes qui lui étaient destinés étaient ornés de tableaux. Pavés avec le marbre d'Alexandrie, remplis de mosaïques précieuses, ils versaient l'eau du bain par des robinets d'argent ^ Les cirques n'étaient pas moins magnifiques. Caligula alla jusqu'à y faire semer de la poudre d'or -. Rome était vraiment la résidence royale du peuple dominateur du monde. La ville impériale jetait un tel éclat que, selon l'expression de Pline, elle semblait avoir fait lever sur la terre un autre soleil. Apulée l'appelle la ville sainte. On y menait une existence de fêtes et de loisirs, en passant sans cesse du Champ de Mars au Cirque et au Forum. Cependant rien n'e.^tplus précaire que cette existence somptueuse. Le peuple romain vit, non de son travail, mais d'aumônes. Tous les arts et tous les métiers sont abandonnés aux esclaves; quant à lui, il est nourri et amusé par ses maîtres. C'est d'Egypte que vient sa subsistance; et sa vie, selon l'énergique expression de Tacite, est confiée aux hasards de la mer ^ La fortune
> Sénèque, ép. LXXXVI.
* Suétone, Caligula, 18.
' « Navibus et casibus vila populi romani permissa. » Tacite, Annales. XII, 43.