‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 116 sur 613 · L'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE

claves. Des milliers d'aifranchis venaient grossir les rangs de la plèbe romaine. Le déshonneur dont l'antiquité frappait la classe des artisans et le travail manuel perpétuait la mendicité impériale d'un peuple à la fois misérable et puissant. Cicécon a exprimé les préjugés de ses contemporains contre les arts utiles, quand il dit : « Tous les gains des mercenaires et les travaux qu'on ne saurait comparer aux beaux-arts de ceux qui vendent leurs ouvrages sont illibéraux et sordides. Leur salaire ne fait qu'accroître leur servitude. Tous les artisans cultivent des arts sordides *. »

Tout a été dit sur l'esclavage tel qu'il était constitué dans la Rome impériale. L'esclave s'achète cinq cents drachmes. Il n'a aucun droit; ses enfants appartiennent au maître. Il lui est bien permis de se racheter au bout de six ans, mais son possesseur a raille moyens de le frustrer de son gain. Sa vie est estimée à si bas prix qu'on l'immole à un soupçon ; tous les esclaves d'une maison dont le maître a été assassiné sont mis à mort, et des centaines périssent de peur que le meurtrier ne s'échappe -. Tout est permis contre l'esclave, selon le mot de Sénèque '. En justice il est interrogé par le moyen de la torture ^ On lui rompt les jambes pour des bagatelles. On lui fait subir les plus cruels traitements s'il a eu le malheur de répandre de l'eau en servant son maître à

' « Illiberales autem et sonlidi quaestus mercenariorum omniumquc quorum operae non artes ennuntur: est enim ipsa raerces auctoramentum servitutis; opificesque omnes in sordicla arte versantur. » Cic^ De offic, \, ch.XLIl.

2 Tacite, Annales, XIV, 42.

' « Omnia in servum licent. » Sénèque. Clément. ^ 1, 18.

* Apulée, Met., vol. II, 306 (édition Panckoucke).

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