‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 117 sur 613 · L'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE

table. Un esclave fut jeté aux murènes pour avoir brisé un verre de cristal '. Obligé de passer la nuit entière autour des tables de festin, debout et muet, s'il tousse, s'il remue, il est rudement châtié ^. « Nous en usons, dit Sénèque, non pas comme des hommes nos semblables, mais comme de bêtes de somme ^. » Plût au ciel qu'on se fût contenté d'abuser des forces physiques des esclaves ; mais ils servaient encore aux plaisirs infâmes du maître; il les faisait entrer dans ces horribles sérails où s'abritaient les pires infamies du monde païen. Tombaient-ils malades, souvent on les exposait « par l'ennui de les soigner » selon l'aveu naïf de Suétone *. Sénèque résume d'un mot cet état social en disant: « Nous avons autant d'ennemis que d'esclaves \ » Ce qui aggrave cette situation, c'est le nombre croissant de ces ennemis domestiques. « Leur multitude, dit Tacite, grandissait immensément tous les jours, tandis que le peuple libre diminuait dans la même proportion". » Le péril résultant d'un tel état de choses était vivement senti. « De combien de dangers ne sommesnous pas entourés, s'écriait Pline le Jeune; nul n'est à l'abri, pas même le maître le plus indulgent et le plus doux^ !«» Les esclaves ne se vengeaient que trop de tous les mauvais traitements qu'ils subissaient, en contribuant

' Sénèque, De ira, III, 34-40.

* «Nocte tota jejuni muUque persistant. » Sén., ép. XLVIl.

s «Ne tanquarn hominibus quidenn, sed tanquam jumentis abulimur. » Sén-, ép. XLVII.

* Suétoniî, Claude, 25.

s « Totidem hosles quot scrvos. » Sén., ép. XLVIL

» « Multitude familiarum gliscebat immensum, » Tacite, Ann., IV, 37.

' Pline le Jeune, III, ép. XIV.

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