MÉPRIS DE LA PAUVRETÉ
activement à la démoralisation gén-'-ralc. LVilucation des enfants leur était confiée; ils tâchaient de gngncr leur protection en flattant tous leurs mauvais penchants. Ils obtenaient ainsi un funeste ascendant qui, plus tard, quand ils étaient affranchis, en faisait des espèces de maires du palais. Un nombre considérable d'esclaves figuraient dans les jeux publics comme gladiateurs, et servaient ainsi non plus seulement à l'amusement d'un maître mais à celui d'un peuple barbare dont le plaisir favori était de voir couler à flots, sous ses yeux, le sang humain.
A côté de la foule de citoyens qui vivaient de l'aumône impériale, on comptait un grand nombre de pauvres qui en étaient exclus : c'étaient des étrangers et des esclaves affranchis vivant de la charité publique. Aussi vivaient ils fort mal. Il y avait bien quelques institutions de charité officielle, mais impuissantes comme tout ce qui est du même ordre. Rien n'était plus étranger à la société antique que la compassion pour le pauvre et le malheureux. « Qu'est-ce qu'un pauvre? « demande dédaigneusement l'un des convives de Trimalcion, dans le Satyricon de Pétrone. Cicéron lui-même, qui a eu de si nobles inspirations, déclarait que l'on ne devait faire une aumône à l'étranger que quand elle n'imposait aucune privation '. Plante fait dire à l'un de ses personnages qu'en donnant à un mendiant on perd ce que l'on donne et l'on prolonge une vie misérable ^.
' Cicéron, De officiis, 1, 16.
* « lUud quod dal perdit, et illi producit vitam ad miseriam. » Plaute, Trinummus, acte II, scène H , 58, 59.