‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 119 sur 613 · CORRUPTION DE LA FAMILLE. LE MARIAGE · texte numérisé non relu

CORRUPTION DE LA FAMILLE. LE MARIAGE

Si maintenant nous pénétrons dans l'intérieur de la famille romaine sous les Césars, les hontes de la vie privée nous paraîtront égaler au moins les hontes de la vie publique. La famille, au temps de la république, avait été mieux constituée à Rome qu'en Grèce. La femme, dans ce dernier pays, avait toujours été placée très-bas. Enfermée dans son grynécée, elle n'exerçait aucune influence et ne répandait aucun charme sur la vio de son mari. Le foyer domestique n'existait pas. Le mariage n'avait d'autre but que de favoriser et de régler l'accroissement des citoyens de la république; c'était dans d'autres relations, toujours coupables, souvent abominables, que l'homme cherchait un délassement à la vie publique. Il en fut autrement à Rome pendant l'époque de l'austérité républicaine. Le lien conjugal était considéré comme un lien sacré; la polygamie était interdite. Il est vrai que la femme était toute sa vie dans une sujétion complète, soit vis-à-vis de son père, soit vis-à-vis de son époux. Dans le premier cas elle appartenait tellement à son père qu'il pouvait reprendre à son gré tout ce qu'il lui avait donné. Dans le second cas elle était, selon l'expression légale, sous la main de son mari. Il avait sur elle le droit de vie et de mort. Lui seul possédait'. Toutefois, sous la république, la femme était protégée par la censure et par l'opinion publique. La sainteté du mariage fut maintenue pendant longtemps; car, d'après Denys d'Halicarnasse, cinq siècles se passèrent sans un seul divorce à Rome. Il est

> Voir sur ce sujet le remarquable ouvrage de M. Laboulaye, Recherches sur la condition des femmes, liv. I, sect. I et II.

Page 1