Î40 DÉMORALISATION DES FEMMES
gladiateurs ' . Quelquefois même, on vit des femmes combattre daus l'arène-. Juvénal, dans une image d'une effrayante beauté, nous peint d'un trait l'infamie de la femme de son temps, alors qu'il nous la montre passant en riant devant l'autel delà pudeur'. Clément d'Alexandrie nous représente la femme païenne avec un pinceau plus chaste, mais l'idée qu'il nous en donne dans son Pédagogue correspond parfaitement à la sixième satire de Juvénal. Somptueusement vêtue, inondée de parfums excitants *, toute fardée, elle ne se contente pas des peintures indécentes qui remplissent sa demeure ; elle les a fait encore reproduire jusque sur sa chaussure^. Elle vit au sein d'un luxe impudique, tantôt occupée de causeries vaines et corruptrices, ouvrant l'oreille aux conseils de vieilles entremetteuses, entourée de bouffons et d'oiseaux rares ; tantôt elle parcourt la ville en litière, se rend aux bains publics ou dans les boutiques où affluent les oisifs. Elle passe la nuit dans des festins où l'on perd toute retenue, et va jusqu'à s'enivrer. On dirait la personnification de l'adultère. Aussi cette femme élégante, « enchaînée dans le vice par une chaîne d'or, comme Vénus, » couvre de ces brillants dehors la corruption la plus honteuse, semblable à ces temples égyptiens magnifiques en apparence, mais qui cachent au fond de leurs sanctuaires une hideuse divinité*. » Pour ce qui concerne les mœurs des hommes, il ne serait pas possible d'essayer d'en
> « In extrema plèbe. » Pétrone, Sa/ync, c. 126. Tacite, i4n«a/e5, XII, 53.
* « Saevit et ipsa Venus. » Martial, 1, 19. — ' Juvénal, satire VI.
* Clément d'Alex., Pxdag,, II, 47, 116. - " Pxdag.,\\, 2, 33.
* Pxdag., III, 2, 4.