‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 126 sur 613 · W6 L'ART SOUS L'EMPIRE · texte numérisé non relu

W6 L'ART SOUS L'EMPIRE

térature ; il a toujours sus tablettes à la main, à la chasse, à la proiuenade, pour y noter ses moindres inspirations, les moindres effets de style qui lui viennent à l'esprit '. On reconnaît en lui celui qui avait le courage de lire ïite- Live à Porapéia pendant l'éruption ^. Du reste, le type complet du littérateur de la décadence n'est pas Pline le Jeune; il a un talent trop fin et trop véritable pour cela. C'est Apulée, vivant, il est vrai, plus tard ^ ; mais il n'a fait que pousser à l'extrême une tendance existant avant lui : on n'a qu'à lire ses Florides, espèce de compositions d'un rhétoricien émérite, pour se convaincre du vide et de la boursouflure qui régnent dans une littérature sans passion et sans idées. Ces pièces, ingénieuses et fleuries, avaient un grand succès dans les lectures publiques, si fréquentes à cette époque. Apulée s'excuse de prononcer un de ses discours dans le même endroit où un danseur de corde faisait ses tours d'adresse * ; nous trouvons qu'il n'aurait pu mieux placer sa tribune, car la littérature comme il l'a comprise rappelle à s'y méprendre les prouesses exécutées sur la corde roide. Les beaux-arts partagent les destinées de la littérature. Sous Auguste, sous Trajan et les Antonins, les monuments publics ont un caractère saisissant de grandeur et de majesté. Cependant les divers genres d'architecture commencent à se mêler les uns aux autres; l'ornementation se prodigue; la sculpture devient colossale et la peinture obscène. Pétrone lui même se plaint de la déchéance des beaux-arts, qui, oublieux

» Liv. IX, ép. XXXVI. - 2Liv. VI, ép. XX. — •■' Il naquit vers l'an MO ap. J.-C. — * Florides, IV, 18.

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