DUALISME DES RELIGIONS DE LA NATURK
Religions de l'Asie occidentale.
Sous le ciel enflammé de l'Asie, au sein d'une nature spiendide, où la puissance de production se manifeste par une incroyable fertilité, mais où la puissance de destruction frappe sans cesse des coups terribles; duus ce pays du soleil et des orages où croissent la vigne et le figuier, le cèdre et le sycomore, mais que ravagent des fléaux affreux, depuis le vent mortel du désert jusqu'à la peste et la lèpre ; sur cette terre aussi privilégiée que dévastée, de Babylone en Arabie, en Syrie comme eu Palestine et en Phrygie, une même religion a régné, variant quelque peu ses symboles d'une nation à l'autre, mais portant toujours le dualisme à ses conséquences extrêmes. Seulement il n'y a pas ici une distinction tranchée entre les deux puissances de la nature, et la même force est tour à tour féconde et cruelle. Le même soleil amène le printemps, puis l'été brûlant ; il ranime la végétation et la tue tour à tour, puis frappe de mort l'homme lui-même. Aussi dans ces premières reli-
iious ne parlons que des religions qui ont reçu une certaine élaboration, laissant de côté le grossier fétichisme^ qui est le plus bas degré de l'idolâtrie et qui ne se concilie qu'avec l'état purement sauvage. Notre seconde remarque est que nous ne nous occupons, dans cette Introduction, que des peuples qui ont été directement ou indirectement en contact avec le christianisme primitif, et qui ont concouru à former l'état religieux et social au milieu duquel la religion du Christ s'est produite. Il serait facile, du reste, de marquer la place des diverses nationalités que nous passons sous silence, dans le cadre du paganisme antique tel que nous l'avons tracé. Quant au paganisme occidental, en Gaule et en Germanie, nous en parlerons quand nous décrirons les missions chrétiennes des premiers siècles.
8* UELIGION DES SCYTHES.
gions, les mêmes divinités seront à la fois bienfaisantes et malfaisantes. La donnée fondamentale de ces cultes asiatiques est l'adoration du soleil et de la lune, considérés comme des personnifications des forces générales de la nature. Par un anthropomorphisme facile à comprendre, les divinités sidérales se partagent en deux séries : les divinités mâles et les divinités féminines. Dans toutes ces religions la volupté et la mort jouent un rôle important et d'abominables symboles figurent au premier rang dans leur culte. Essayons, après avoir indiqué ce qu'elles ont de commun, de déterminer leurs différences.
Aux deux extrémités de la zone occupée par ces premières religions de l'Asie, nous trouvons des cultes moins sensuels que dans l'espace intermédiaire. Dans les vastes plaines qui s'étendent au pied du Caucase vivait un peuple guerrier et à moitié sauvage, dont l'existence rude et nomade développait les instincts cruels. Le jeune Scythe devait boire le sang du premier ennemi qu'il tuait, et celui qui n'avait pas trempé ses lèvres dans cet affreux breuvage était tenu de s'asseoir à l'écart dans les grandes fêtes présidées par les chefs de la tribu. Les divinités principales de ces peuples étaient le dieu du ciel ou Papaios, et la divinité de la terre ou Tahiti. Selon la coutume des peuples orientaux ils adoraient à part, sous des noms nouveaux, les attributs divers de ces grandes divinités. Ainsi ils avaient une déesse de la volupté et un dieu de la guerre, qui personnifiaient d'une manière plus précise les deux grandes forces de la nature. Leur tempérament et leur