‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 130 sur 613 · DÉBORDEMENT DE L'IMPIÉTÉ · texte numérisé non relu

DÉBORDEMENT DE L'IMPIÉTÉ

L'incrédulité et l'impiété devaient nécessairement prendre d'effrayantes proportions en présence de tels scandales. Déjà Cicéron avait dit, en parlant de l'ancienne mythologie : « Me regardes-tu comme assez insensé pour croire à toutes ces fables * ! Quelle vieille femme assez folle pourrait craindre encore tous les monstres des enfers^? » Vespasien s'écriait au moment de mourir : « Malheur à moi; je vais devenir dieu! » Si déjà du temps de Cicéron l'incrédulité était poussée jusquelà, on peut se re[)résenter ce qu'elle devint pendant les deux siècles suivants! Lucien, que nous verrons plus tard au rang des ennemis les plus perfides du christianisme, a commencé par tourner contre la religion de ses pères les traits acérés de ses railleries. Nous étudierons avec soin, dans l'histoire du second siècle de l'Eglise, la figure si originale, si fixement moqueuse de ce païen, fustigateur implacable du paganisme et qui poursuit de son rire cynique toutes les gloires du passé, depuis la grande philosophie jusqu'à la grande mythologie. Mais évidemment le courant d'idées qu'il favorise remonte aux temps dant nous traçons le*tableau. Il suffisait de voir comment on faisait les nouveaux dieux pour savoir comment on pouvait défaire les anciens. De l'apothéose d'un César à la dégradation d'un dieu olympien il n'y avait qu'un pas. On s'était, en effet, contenté de si peu pour créer une nouvelle divinité qu'on était amené à ne pas demander davantage aux anciennes. Une fois qu'on avait retranché l'élément de poésie et d'idéal dans l'an-

' l'.icéron, Tuscuianes, 6. — '■< De nntura ileorum, U, 2.

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