‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 133 sur 613 · INVASION DES RELIGIONS ETRANGERES · texte numérisé non relu

INVASION DES RELIGIONS ETRANGERES

Cette rcclierchc anxieuse de cultes inconnus, ce rej;ard d'espoir tourné vers l'Orient, et tout spécialement vers la Judée, voilà autant de symptômes d'une crise religieuse suprême. « L'idée s'était répandue dans tout l'Orient, dit Suétone, qu'il était dans les destins que la domination du monde devait échoir à des hommes issus de la Judée V » Il fallait bien que d'Orient cette idée eût passé en Occident; d'où serait venu, sans cela, cet entraînement étrange vers les Juifs? Quoi qu'il en soii, la même inquiétude, le môuie ennui qui engendrait l'effroyable luxure du vieux monde romain, cherchant à échappera la satiété par le monstrueux, le poussait au développement des superstitions étrangères. Il frappait à toutes les portes et se tournait vers tous les autels, à la fois désabusé de ses croyances et altéré de vérité. « Je me suis fait initier, dit Apulée, à la plupart des mystères de la Grèce; je me suis enquis de toutes espèces de religions, de rites et de cérémonies, poussé par le désir du vrai et par ma vénération envers les dieux '. » En parlant ainsi, il parlait au nom de son siècle. Quiconque dans un temps pareil prétendait apporter quelque chose de nouveau était le bien venu. Tous les cliarlatans religieux étaient immédiatement achalandés. C'est ce qui explique la singulière fortune de cet Apollonius de Tyane, que Philostrate nous a fait connaître, et qui né à la même époque que le Christ lui

' « P..Tcreb:ieral Oriente toto vêtus et constans opinio esse in falis ut eo tempore Judœa profecti potirrititur. » Suétone, Vespasien, XIV.

î «Sacrorum pleraque initia in Grœcia participavi et plurimos ritus et varias ceromonias studio veri et oflicio erga Deos didici. » Apulée, IV, p. 14u.

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