APOLLONIUS DL TYANE
fut qiicl(]uefois opposé par les ennemis de la religion nouvelle. Ou lui supposa une naissance miraculeuse, qui aurait été prophétisée par le grand devin Prêtée. Après avoir étudié à Tarse, il se fixa à Egée, dans le temple d'Esculape, où il aurait accompli de nombreux miracles. Voué volontairement à la pauvreté, après avoir épuisé tout ce que la Grèce peut lui enseigner, il parcourt l'Asie, s'arrête à Babylone et va apprendre la magie des brahmanes de Flnde. Son retour est un triomphe. Il se pose en prophète; il annonce la peste à Ephèse; il ressuscite une jeune fille à Rome; il parcourt ensuite l'Egypte ; puis il est mis en prison par Domitien comme suspect de rébellion. A peine libéré, il se rend à Ephèse, où il annonce la mort du tyran à l'heure même où elle arrive. Peu de temps après il disparaît, et ses disciples prétendent qu'il a été enlevé par les dieux. Au travers de ce tissu de fables, on distingue tout ce qui pouvait plaire au paganisme expirant, la gnose orientale mêlée à la subtilité grecque, la magie unie à l'ascétisme. Apollonius de Tyane devait être le héros d'un temps d'aspirations confuses et de syncrétisme. Ce magicien rusé, qui se pose en libérateur et en révélateur, n'a obtenu de si grands succès que parce que le monde gréco-romain attendait à sa manière le libérateur qui allait venir ou plutôt qui était déjà apparu au sein d'une nation méprisée. Les faux messies ne réussissent que dans un siècle qui soupire après le véritable. La philosophie n'est pas plus heureuse que la religion pour relever cette société qui s'écroule de toutes parts. Importée à Rome, de même que l'art et la littérature,