‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 135 sur 613 · AL PHILOSOPHIE DF LA DECADENCE. 2-J · texte numérisé non relu

AL PHILOSOPHIE DF LA DECADENCE. 2-J

elle y eut un dôvoloppement trop rapide. L'esprit romain est arrivé d'un coup aux dernières solutions de la philosophie hellénique, sans franchir les degrés intermédiaires. 3Ioins subtil que l'esprit grec, manquant de nuances, n'aimant que les couleurs tranchées, il a de suite traduit dans sa prose précise cette dialectique qui combinait avec art des éléments hétérogènes et permettait d'être à la fois platonicien et sceptique ou bien épicurien et tempérant. A Rome, chaque école fut contrainte de manifester de suite toutes les conséquences de ses principes, au risque de se frapper de mort elle-même. La translation d'Athènes à Rome ne réussit qu'à une seule école, parce qu'elle se trouvait en accord avec les bons côtés de la nationalité romaine : c'est l'école stoïcienne.

En dehors des écoles proprement dites, un certain esprit philosophique s'était répandu dans les classes cultivées. C'était un esprit pratiquement sceptique, professant un dédain ironique pour les plus nobles préoccupations de l'âme, et traitant volontiers de fri- Aole tout ce qui ne l'était pas, c'est-à-dire tout ce qui dépassait la sphère du plaisir et des intérêts matériels. Ce parti pris d'indifférence a été parfaitement exprimé, mais non sans cynisme, par cette ironique question adressée par Pilate à Jésus-Christ : «Qu'est-ce que la vérité? » L'influence de ce scepticisme pratique était contre-balancée parcelle d'une autre tendance, de plus en plus générale dans le déclin du vieux monde païen; c'était la tendance panthéiste ramenant l'humanité, par un détour, au point de départ de toutes les idolâtries.

Page 1