‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 136 sur 613 · CARNÉADE A ROME · texte numérisé non relu

CARNÉADE A ROME

Elle régnait, ainsi que nous l'avons \u, accompagnée de superstitions grossières, dans le paganisme dégénéré d'alors, saturé d'idées orientales. Mais elle avait aussi gagné les hautes classes et infecté beaucoup d'hommes distingués qui se seraient refusés à adorer la grande déesse et à se mêler à ses prêtres immondes. C'est ainsi que Pline l'Ancien déclarait dans son grand ouvrage, "vaste répertoire des connaissances de son temps, que le monde est une divinité éternelle, immense, qui n'a point eu de cause génératrice et qui n'aura point de fin '. Varron, quesaint Augustin réfute dans le VIP livre de sa Cité de Dieu, et qui est mort plus d'un siècle avant l'empire, paraît avoir professé un panthéisme identique à celui de Pline l'Ancien. Il admettait une àme du monde dont les parties différentes avaient reçu les noms des divers dieux ^.

Si nous abordons maintenant les écoles de philosophie, la première qui se présente à nous est la nouvelle académie importée à Rome par Carnéade vers la fin de la république. Elle était très-bien appropriée pour préparer la transition entre la liberté orageuse de ces temps et la plate servitude de l'empire. Elle eut l'honneur de compter parmi ses disciples le plus grand orateur et le plus bel esprit de cette époque, ce Cicérou dont Pline l'Ancien disait avec éloquence qu'il avait reculé les bornes morales de sa patrie ^ Cicéron n'est pourtant pas un

' « Mundum nuraen esse credi par est aeternum, iinmensum, neque geuiturrij neque inleriturum unqiiam. » Pline l'Ancien^ II, c. 1.

* « Animara niundi et partes ejus, id est veros Deos. » August., Civ. Dei, VII, 5.

» Plinp l'Ancien, VI, 3.

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