‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 137 sur 613 · SCEPTICISME DE CICÉRON. 2Î · texte numérisé non relu

SCEPTICISME DE CICÉRON. 2Î

de ces sophisles frivoles de la Grèce, qui ne cherchent qu'à exploiter la philosophie. Il rcstinie à sa valeur; il la proclame le médecin de Tàme, et il déclare vouloir se retirer à son ombre; il lui demande aide et protection '. 11 aime la vérité, mais elle lui échappe sans cesse. C'est qu'initié trop tôt aux résultats de la spéculation grecque, il a bu à une coupe trop enivrante ; plus érudit que philosoj)he, il succombe sous le poids de tous ces systèmes qu'il se plaît à énuraérer. Il ne sait plus où est la vérité, il ne la voit absolue nulle part; car quelle doctrine n'a pas été réfutée? Aussi accepte-t-il les conclusions de la nouvelle académie, et il reconnaît avec elle que Thomnie ne peut s'élever au-dessus du probable -. Il parle ailleurs de la triste nécessité de renoncer à découvrir la vérité'. Son curieux ouvrage sur la nature des dieux est une réfutation de l'épicuréisme par le stoïcisme et de Tune et l'autre doctrine par le système de la nouvelle académie. Cicéron, dans son écrit sur la divination, porte une main hardie sur le paganisme; il le détruit pièce à pièce, il le raille impitoyablement; mais, dans toutes ces ruines accumulées, il ne trouve pas les matériaux d'un nouvel édifice, car il s'écrie tristement qu'il doute de tout et de lui même : Et mihi ipsi diffidcns.

Il est moins négatif en morale. Son Traité sur le Devoir est semé d'admirables passages tout j énétrés du souffle du platonisme. On reconnaît dans sa sublime protestation contre la t} rannie et l'usurpation le dernier accent de la

' « Anirni rnedicina. » Tusculanes, 111,3; V, 1.

* Tusculanes, I, 9.

' " Df^perata cognitione certi.» De bonis et mal., Il, 14.

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