‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 140 sur 613 · GRANDS COTÉS DE LA DOCTRINE DE SÉNÈQUE · texte numérisé non relu

GRANDS COTÉS DE LA DOCTRINE DE SÉNÈQUE

des jiliis grandes réformes opérées par le christianisme. Il plaide la cause de l'esclave; il montre en lui la nature humaine, « qu'il faut toujours honorer. » H parle aussi avec éloquence de cette grande république, qui n'est enfermée dans aucun pays et qui contient tous les hommes. » Nous avons le monde pour patrie ' . » Il dit encore, à l'occasion des jeux du cirque : « L'homme, cette chose sacrée pour l'homme, est tué pour notre délassement -. » L'idée d'humanité brille ainsi au déclin de l'ancien monde comme les rayons précurseurs qui annoncent le lever prochain du jour. Cicéron avait déjà prêché ce qu'U appelait la charité du genre humain ^ Plutarque invoque « cette Divinité qui n'est ni barbare ni grecque, suprême intelligence qui, sous des noms divers, préside aux destinées des nations *. » Une notion plus pure du mariage est aussi entrevue par Sénèque, comme par Pline le Jeune et par Plutarque. Ce dernier, dans ses Préceptes co7ijugaux^ demandait que la chasteté accompagnât l'épouse jusqu'aux bras de son époux ; qu'elle fût douce, aimable, pure et pourtant sacrifiant aux grâces, parée non de diamants, mais de vertu, et cherchant l'harmonie qui résulte d'une union parfaite bien plus qu'on ne cherche l'harmonie eu musique. Il est remarquable de voir cet idéal nouveau apparaître aux yeux de ces païens illustres comme un fond de ciel bleu entre de sombres nuages. Le christianisme était dans l'air

' «Patriam mundum professi sumus. » Tranquill. anim., III. * « Homo, res sacra homi ni. » Ep. XCV.

' «Caritas peneris humani. » Cicéron, De bonis et mal., c. XXIII. » Isis et Osiris, c. XVII,

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