‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 142 sur 613 · EPICTETE · texte numérisé non relu

EPICTETE

Epictète, qui vivait peu de temps après hii, professait une philosophie non moins contradictoire , bien que sa vie fût plus d'accord avec sa doctrine. On pourrait citer un grand nombre de maximes admirables, recueillies dans VEnchiridion, espèce de manuel rédigé par ses , disciples et contenant le résumé de ses enseignements. « ïl ne faut consulter les oracles, dit Epictète, que lorsque ni la raison, ni la conscience ne parlent clairement *. La conscience réclame que nous soyons fidèles à notre caractère moral aussi bien quand nous sommes seuls que quand nous sommes en présence de témoins '^. Nul sophisme ne nous dispense de cette fidélité; n'allons pas prétexter pour nous livrer en sécurité à notre ambition, qu'il nous faut travailler au bien des autres; le bien des autres c'est notre moralité \ » Epictète recommande la chasteté, le pardon des injures, l'oubli de la vaine gloire, et même une certaine humilité qui n'est pas sans analogie avec l'humilité chrétienne \ C'est ainsi qu'il dit : « Celui qui m'injurie aurait le droit de m'adresser bien d'autres outrages s'il me connaissait à fond ^ Le vrai sage ne blàine, ni ne loue personne ; il ne se plaint d'aucun homme, il ne parle jamais de lui comme s'il était quelque chose **. » Il est évident que le souffle de rénovation a passé sur Epictète, et que lui aussi a pressenti en quelque mesure le christianisme; il

> Enchiridium, c. XXXIX. - « kl., c. XL. - » ïd., c. XXXI. - * id., c. XLVIII. - 5 Id., c. XLIX.

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