ÉPICTÈTE
n'él|appe pas cependant à l'influence funestr du stoïcisme. Tant qu'il parle de nos devoirs d'une manière toute générale nous sommes d'accord avec lui, mais l'accord cesse dès qu'il s'explique sur ce qu'il entend par devoir. Son grand principe est que l'homme ne doit accorder de valeur qu'à ce qui est vraiment à lui, c'està-dire à la raison; car ni les biens extérieurs, ni le corps ne sont vraiment à nous ^ . Si nous nous persuadons de cette vérité, nous sommes à l'abri de la souffrance, car nous considérerons comme ne nous concernant pas tous les revers, toutes les maladies et même la mort -. rsous arriverons ainsi à l'insensibilité philosophique. Gomme il importe, avant tout, de ne pas nous laisser troubler par ce qui nous est étranger, nous ne devons pas être émus par les peines ou les méchancetés du prochain ; il faut en prendre notre parti. Epictète range la femme et les enfants du philosophe au nombre des choses qui lui sont étrangères. On voit quelle distance séj)are sa morale de celle du christianisme. C'est en définitive une morale dure et impuissante, une morale d'abstention. Son dernier mot est : 'Avr/ou y.at àTuéyou '. Nous retroiiverons la même imperfection dans la morale de Marc Aurèle quand nous étudierons, dans l'histoire du second siècle, le caractère de cet empereur vertueux et persécuteur.
Si les stoïciens, comme les épicuriens, se sont résignés sans peine à la ruine du paganisme gréco-romain ; s'ils ont fait de cette résignation diversement comprise le
< 'Apiv ojv -■r^•') iy.y./.'.s'.v à-b irav-wv tûv oùx èç' y)[J.Iv. G. VU. 2m', c. XII. - 3W., c. LXXXI.