‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 146 sur 613 · LA PERIODE DE PREPARATION TERMINEE · texte numérisé non relu

LA PERIODE DE PREPARATION TERMINEE

que l'œuvre de préparation était arrivée précisément alors à sa maturité.

Il y a, en effet, deux Iiumanités dans Ihumanité : l'une qui s'oppose aux plans de Dieu, l'autre qui les réalise et s'y soumet, et qui se montre telle qu'il voudrait voir la race entière. Peu importe la disproportion du nombre entre Tune et l'autre! L'élite morale qui suit la voie de Dieu et tire des événements la leçon qui lui est destinée ne se compose souvent que d'une infime minorité. Il n'en est pas moins certain que c'est d'elle que Dieu se préoccupe pour l'accomplissement de ses desseins. Mais le privilège de quelques-uns est dans l'intérêt de tous. C'est dans ces nobles cœurs que sonne l'heure des grandes rénovations.

Pour savoir si le monde était préparé, il y a dix-huit siècles, à recevoir le christianisme, il nous faut regarder plus haut que le peuple cruel et l'aristocratie avilie qui semblent tout oublier sur les gradins du Cirque à Rome. Il faut se demander ce qu'un cœur droit et affamé de vérité devait éprouver dans un temps pareil.

IVous trouvons dans un écrit apocryphe du deuxième siècle un court passage qui, par sa simplicité, se distingue du caractère général de l'écrit. Il peint avec des couleurs si vraies les sentiments qui devaient remplir les âmes sérieuses, que nous n'hésitons pas à le citer. « Depuis ma première jeunesse, dit Clément, le héros des Clémentines, j'étais travaillé du doute. Je ne sais comment il s'était emparé de mon âme. Quand je serai mort, me disais-je, serai-je vraiment anéanti, et personne ne pensera-t-il à moi? Mais autant vaudrait n'être

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