‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 147 sur 613 · LA PKHIODK DE PREPARATION TERMINEE · texte numérisé non relu

LA PKHIODK DE PREPARATION TERMINEE

jamais né. Quand le monde a-t-il été créé? Qui est-ce qui précéda le monde? Qu'en sera-t-il de lui dans l'avenir? Ces pensées me poursuivaient partout pour mon tourment, et quand je voulais m'en débarrasser, le tourment augmentait. Je savais bien qu'il y avait un guide céleste pour me conduire à la vérité, et je le cherchais de lieu en lieu. Travaillé de ces pensées depuis ma jeunesse, je parcourais les écoles des philosophes, et je n'y trouvais que principes opposés et contradictions. Tantôt l'un me prouvait l'immortalité de l'âme, tantôt l'autre me démontrait qu'elle était mortelle. Ainsi, j'étais ballotté de doctrine en doctrine, plus malheureux que jamais, comme emporté dans un tourbillon d'idées contraires , et je soupirais du plus profond de mon âme'. » Amener l'humanité dans quelques-uns de ses représentants à pousser ce soupir, c'était Tunique but de Dieu dans l'œuvre de préparation. Nous pouvons donc la considérer comme achevée pour le monde païen, car ainsi que nous en avons donné d'abondantes preuves, il y avait une merveilleuse correspondance entre l'état général des esprits et les aspirations de ces nobles âmes.

* « Eoque magis in profundo pectoris cruciabar. » Recognitiones, c. 1 à VI.

LE JUOAJSME

L'ancieane société païenne était arrivée à formuler par ses plus purs organes le désir d'une grande rénovalion religieuse. Ce résultat de son histoire était immense, mais il n'eût pas suflS à lui seul pour frayer la voie au christianisme. 11 n'est d'ailleurs pas probable qu'un progrès aussi notable se fût accompli au sein du paganisme, si d'autres éléments que ceux qu'il pouvait

* D'après l'étymologie, il faudrait réserver ce mot pour la période où la tribu de Juda constitue, avec celle de Benjamin, le vrai peuple de Dieu. Ce n'est que par extension qu'il s'applique à toute l'ancienne alliance. La littérature théologique sur le judaïsme est considérable. Nous nous bornons à indiquer quelques ouvrages généraux à consulter, représentant di verses nuances d'opinion : Hsevernick, Einleitung ins A. Testament ,'i vol. Erlangen, 1839. — De Wette, Einleitung ins A. Testament, 1845. — De Wette, Archœologie, 1842. — Ewald, Geschichte des Volk.es Israël. Goettingen, 1843. — Die Propheten, du même. — Bahr, Symbolik des mosàischen Cultus, 2 vol. 1839. — Geschichte des Alten Bunds, von Kurtz. 2= Aufl. Berlin, 1853. — Jos.-Ch. Bunsen, Gott in der Geschichte^ Leipsig, 1857. — En français nous citons V Introduction à l'Ancien Testament, de M. Cellerier, et une excellente thèse de M. le professeur Samuel Ghappuis, imprimée à un trop petit nombre d'exemplaires. Pour ce qui concerne le judaïsme de la décadence, voir M. Reuss, Histoire de la théologie au siècle apostolique, l" vol., et l'Introduction à mon ouvrage : Je'sm-Christ, son temps, sa vie, son œuvre. Il va sans dire que nous n'entrons absolument pas ici dans les questions de critique, comme celles qui concernent la fixation du canon et l'authenticité des divers livres.

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