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riiconiiaissable dans le sacerdoce. La prêtrise est uuc niédiatiou entre riiomme et Dieu; elle suppose donc chez le premier une terreur secrète qui l'empêche de s'approcher librement de son Créateur. Mais en même temps il ne se croit pas entièrement incapable de communiquer avec lui, et il choisit les plus dignes d'entre ses semblables, souvent ceux du rang le plus élevé, rendus vénérables par le diadème ou par la couronne des cheveux blancs, pour qu'en son nom ils consultent le ciel, lui rapportent ses réponses, et présentent aux dieux les hommages de la terre.
Il éprouve les mêmes sentiments mélangés à l'égard du monde qu'il habite. 11 le considère comme un lieu profane et souillé. Aussi ne pense-t-il pas qu'il soit digne d'être habité par la Divinité. Il cherche à lui offrir un lieu exceptionnel, une résidence digne de sa présence. Voilà pourquoi il bâtit des temples.
Il met également à part des jours qui sont sacrés entre tous et qui sont voués à l'adoration, par la raison qu'il regarde sa vie ordinaire comme impure ; il ne se croit pourtant pas repoussé par ses dieux d'une manière absolue, puisqu'il a déterminé des iieux et des moments où il ose s'approcher d'eux. Ainsi la religion de l'ancien monde exprime , par d'expressifs symboles, la situation de l'humanité depuis la chute ; celle-ci se sent dégradée, mais non perdue sans espoir ; et elle manifeste ce double sentiment par ces quatre grandes institutions religieuses, qui, toutes, reposent sur la distinction du profane et du sacré, c'est-à-dire sur la mise à part de certains objets, de certaines localités, de cer-
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tains jours et de certaines personnes eu l'iiouneisr de la Divinité.
Or, cette idée n est-elle pas précisément l'idée fondamentale du judaïsme? Qu'est-ce que le judaïsme, sinon précisément la mise à part d'une portion de l'humanité pour offrir, dans un lieu consacré et à des moments déterminés, des sacrifices à la Divinité. Ainsi il n'y a rien d'arbitraire ni d'étrange dans les institutions du peuple élu, puisque nous en retrouvons l'équivalent dans toutes les religions de l'ancien monde. Ce sont, en définitive, les institutions qui sont compatibles avec l'économie religieuse destinée à accomplir l'œuvre de préparation ; elles sont fondées sur les besoins réels du cœur de l'homme dans ces temps intermédiaires entre la chute et ia rédemption. Ce mélange de crainte et d'espoir, qui s'est exprimé par le sacerdoce et le sacrifice comme par l'érection des sanctuaires et la détermination des fêtes religieuses, résulte de la vraie situation d'une race perdue, mais destinée au salut; il est produit par Dieu. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait accepté ce qu'il avait produit lui-même, et qu'il ait donné raison à ces sentiments universels dans la constitution religieuse du judaïsme. Cette analogie fondamentale entre la religion du peuple élu et la donnée essentielle des autres religions, bien loin de diminuer l'importance de son rôle, l'agrandit; car cette donnée religieuse essentielle et universelle est gravement compromise par le paganisme, elle est même souvent tout a fait obscurcie par lui. Le principe des religions do la nature la transforme radicalement; si elle leur était