LE PAGANISME ALTÈRE CES INSTITUTIONS
complètement livrée, elle serait bientôt dénaturée sans remède. Il est nécessaire qu'elle soit dégagée de tous ces éléments impurs au sein d'un peuple conduit directement par Dieu.
Considérons, en effet, ce que deviennent, en Orient comme en Occident, ces quatre grandes institutions religieuses de l'ancien monde sous l'influence pernicieuse du paganisme. L'adoration de la nature altère le sentiment religieux dans toutes ses manifestations. Le temple devient peu à peu la représentation symbolique de cette divinité multiple qui comprend le ciel et la terre; il figure l'univers. Ainsi le temple égyptien, par son toit azuré, rappelle le ciel semé d'étoiles, et ses colonnes entourées d'ornements végétaux semblent porter l'édifice du monde. Les fêtes sont destinées à figurer les principales phases de la vie de la nature, la succession des saisons, la fertilité ou la stérilité, l'épanouissement de la végétation ou le deuil de la terre. Les fêtes d'Atys et d'Adonis ne dépassent pas ce symbolisme matérialiste. Le sacerdoce n'est pas moins rabaissé ; le prêtre, médiateur entre l'humanité et la nature, n'est bientôt plus qu'un astrologue et un magicien. La révélation étant réduite à n'être plus que la manifestation des lois cachées de la nature, le prêtre essaye de surprendre leur secret dans le cours des astres ou dans les entrailles des animaux. Il s'efforce, par la magie, de s'assimiler les forces mystérieuses de la terre, et il tombe dans un charlatanisme honteux doutilestla première dupe. Il tire sa dignité, non pas d'une supériorité murale ou d'un choix manilcstc de la divinité, mais d'un