LE PAGANISME ALTÈRE CES INSTITUTIONS. 2C
rapport pliysiqiie avec elle. Ainsi, la caste des prêtres indiens prétend être sortie de la tête de Brahraa. Le sacrifice change également de caractère; il ne symbolise plus l'offrande morale, le retour douloureux et salutaire au bien et à Dieu. Ce n'est plus qu'un essai d'apaiser une puissance aveugle et malfaisante, une tentative d'obtenir sa faveur en flattant ses goûts présumés, par l'immolation des animaux qui sont supposés avoir avec elle une certaine analogie '.
La dégradation de ces quatre grandes institutions religieuses est moins frappante en Occident qu'en Orient, grâce à la supériorité de l'humanisme sur le naturalisme. Les temples sont moins considérés en Grèce comme le symbole de l'univers que comme des lieux sacrés, le séjour purifié de la Divinité -. Les fêtes rappellent moins les phases de la vie de la nature que celles de la vie des dieux; elles ont le caractère humain et historique de la religion hellénique. Souvent elles revêtent un caractère tout à fait dramatique. Les sacrifices s'élevèrent, surtout à Delphes, jusqu'à l'idée morale; ils furent considérés comme exerçant une action purifiante '. Le sacerdoce fut affranchi des liens étroits de la caste ; il fut plus libre,
1 Voir sur le caractère de ces institutions païennes, Bahr, Symholik des mosaischen Cultus, t. I, p. 97; t. II, p. 23, 252, o47. Le savant et ini?énieux auteur qui sig-nale avec tant tie sagacité les déviations des institutions relit^ieuses dans les religions de la nature, a le tort, selon nous, de méconnaître le fond de sentiments vrais qui subsistaient sous cet amas de superstitions [grossières, et qui étaient au point de départ de ces institutions. Bahr ne distingue pas non plus assez nettement le paganisme oriental du paganisme hellénique.
* Upâ, vao(.
' Dunker, t. 111, p. 53f..