‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 16 sur 613 · RELIGION EGYPTIENNE · texte numérisé non relu

RELIGION EGYPTIENNE

sayé de reproduire le calme auguste de la uaturc, et ils ont réussi en partie. Ils ont aussi réussi à donner de la vie et du mouvement aux figures humaines et aux scènes qu'ils représentent, l/art assyrien n'est pas un art sacerdotal ; il a échappé à la roideur des formes consacrées; il a de la liberté, de l'aisance : c'est qu'il e.->t en définitive beaucoup plus national que religieux. Sa supériorité tient précisément à cet effacement de ridée religieuse. Ou ne peut donc en faire un mérite à CCS religions de la nature, qui ont trouvé leur expression artistique bien plutôt eu Phénicie qu'à Babylone et à >'inive.

Religion égyptienne.

Si d'Asie nous passons en Egypte, nous retrouvons le même fond de croyance, mais avec l'empreinte d'une nationalité entièrement différente qui confère au dualisme l'austérité qui le distingue. L'Egypte est le pays delà règle, de la vie invariable et monotone. La nature y porte ce caractère; elle n'y est pas soumise à de violentes alternatives ; le soleil et les pluies torrentielles ne s'y succèdent pas; jamais le ciel ne s'y obscurcit; la fertilité du sol est entretenue par les débordements du fleuve, qui sont déterminés avec autant de régularité (|ue le cours des astres. Le travail agricole, dans un tel pavs, n'a pas les émotions d'une lutte dont le résultat est indécis : on n'a qu'à laisser faire la nature. Seulement l'homme doit jircndre ses précautions contre l'en valiissement périodique des eaux, et s'en défendre par

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des constructions solides. Le peuple d'Egypte est un peuple essentiellement constructeur et conservateur. Il ne cherche pas tant à s'étendre qu'à durer; il ainae autant l'iraniohilité que d'autres le mouvement. La momie couchée pour des milliers dannées dans une attitude solennelle est l'idéal égyptien. De là ce jo ne sais quoi de triste et de morne qui est le caractère indélébile de la nation. L'Egypte n'a damour que pour le passé, et son monument national est la pyramide, c'est-à-dire un tombeau gigantesque. Des générations entières s'épuisent à cette œuvre funèbre. On comprend linflnence que les prêtres doivent exercer sur un tel peuple; il est fait pour eux ou plutôt il est fait par eux. L'Egypte est le pays sacerdotal par excellence. Aussi est-elle appelée un pays sacré, et le roi n'est que le premier des prêtres; il est constamment désigné sur les moiîuments comme le fils des dieux et leur représentant. Le régime des castes a été certainement inventé par ce peuple, bien qu'U u'y ait pas mis la rigueur de l'Inde. Les iils font le plus souvent ce qu'ont fait leurs pères, et rien n'est laissé à l'imprévu, pas plus dans l'emploi d'une journée que dans celui de la vie entière. L'existence de l'Egyptien par excellence ou du roi qui est le type de la nation, était réglée avec une minutie puérile, dont l'ancienne étiquette espagnole ne donne qu'une faible idée. Le culte consistait en un rituel détaillé à l'infini; nulle chaîne n'est plus solide dans la main des prêtres pour retenir un peuple dans l'esclavage; des purifications innombrables, la circoncision, l'interdiction de frayer avec l'étranger, telles étaient les prescriptions princi-

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