‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 168 sur 613 · LA PROPHÉTIE HÉBRAÏQUE · texte numérisé non relu

LA PROPHÉTIE HÉBRAÏQUE

vite de la déchéance et la généralité de la corruption. Il montre par le premier de ses rites que le sanctuaire luimême a besoin d'être puriûé, tandis que par l'immolation d'un bouc au nom du peuple et l'envoi au désert du bouc maudit chargé des péchés d'Israël, il rappelle la nécessité d'une rédemption * .

La seconde grande période de l'ancienne alliance est celle des prophètes. Des deux éléments essentiels qui constituent le judaïsme, l'élément de la promesse l'emporte sur l'élément de la loi, sans cependant l'effacer. On se trompe quand on considère le prophète comme appelé exclusivement à prédire l'avenir. Il a pour vocation de raviver la pensée fondamentale qui est à la base de l'ancienne alliance, de rappeler au peuple élu la raison profonde de son élection, de le retenir sur la pente toujours glissante de l'idolâtrie par de solennels avertissements, et d'entretenir en lui la foi dans ses glorieuses destinées. La prophétie empêche les institutions de l'économie préparatoire de se pétrifier; elle en dégage incessamment le sens véritable; elle réagit contre le formalisme qui menace de substituer à l'aspiration vers l'avenir l'idolâtrie stupide dupasse et le mécanisme d'une piété d'habitude. Semblable a cet ange de l'Apocalypse qui, dans sa coupe d'or, recueille les prières des saints, elle recueille les soupirs et les aspirations du peuple élu, en même temps qu'elle lui annonce la réalisation de ses vœux, et les rend, par là même, plus précis et plus ardents. Aussi le prophète n'est point lié à

» Lévit. XVI, 11-14.

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