‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 169 sur 613 · CARACTÈRE DU PROPHÈTE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DU PROPHÈTE

l'ordre sacerdotal ; son office ne repose pas sur une institution positive, mais sur l'inspiration. L'Esprit de Dieu va le chercher tantôt au désert parmi d'humbles bergers, comme Osée; tantôt sur les marches du trône, comme Sophonie, qui était de la famille royale de Juda; tantôt parmi les sacrificateurs, comme Jérémie et Ezéchiel.

On a beaucoup agité la question de savoir de quelle nature était l'inspiration prophétique. Les uns, avec Ewald, n'y voient qu'une perception vive des grandes lois du monde moral, une pénétration profonde de la pensée religieuse, une intuition des volontés de Jéhovah\ Le prophète, dans cette hypothèse, est un Israélite pieux qui trouve l'inspiration dans sa ferveur et son élévation morale, et qui, par une déduction hardie, tire les conséquences des lois générales qu'il a entrevues avec plus ou moins de clarté et prévoit ainsi l'histoire des empires. C'est ainsi qu'il annonce le châtiment des méchants, quelque puissants qu'ils soient, fussent-ils sur le trône de Babylone ou de Ninive, tandis qu'il prédit aux justes le triomphe sur leurs ennemis et la bénédiction de Dieu. D'autres, à commencer par les Pères et à finir par Bossuet et beaucoup de nos modernes orthodoxes, assimilent l'inspiration prophétique à un état d'extase qui suspend tout à fait le cours de la vie morale-.

Nous ne saurions admettre aucun de ces points de vue. Sans contester que l'inspiration s'accorde avec certaines aptitudes religieuses, nous ne pouvons réduire

1 Ewald, Die Propheten des alten Buncles, p. 2 et 19.

* Hengstenberg, Christologie des alten Test. 3. Bd. Berlin, 1829-1835.

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