SYMBOLISME DE LA PROPHÉTIE HÉBRAÏQUE
la prophétie à n'être qu'un fait entièrement naturel. Elle a reçu des révélations positives qui n'étaient pas montées du cœur de l'homme, mais qui descendaient directement du ciel. D'un autre côté, le prophète n'est pas un simple instrument passif; en le considérant ainsi, on le rabaisse au rang du devin et on assimile ses oracles à ceux de la pythonisse. Il est, selon nous, tout pénétré des vérités dont il est l'organe ; il parle au nom de Dieu, et pourtant c'est bien sa voix qui retentit avec l'accent particulier de son individualité, et la parole de l'Eternel a traversé son cœur avant de passer par sa bouche.
C'est précisément cet accord moral entre le prophète et la révélation dont il est le porteur qui marque le progrès accompli pendant cette période. La révélation n'a plus le caractère extérieur qu'elle avait au temps des patriarches. Dieu ne parle plus du dehors, en quelque sorte; il ne parle plus seulement à l'homme, il parle par lui; celui-ci est son organe vivant. Nous sommes ainsi rapprochés des temps bénis où l'humanité et la divinité seront étroitement unies dans la personne du Rédempteur.
Les symboles dont se sert le prophète sont empruntés au milieu où il est placé; ils varient d'époque en époque. L'avenir est toujours représenté par lui sous les couleurs du présent. Il y a, du reste, une raison profonde à cette méthode qui s'impose à lui d'elle-même. En effet, le présent ne doit pas être isolé de l'avenir; il le contient en germe, il le prépare. Il le renferme comme le grain de blé renferme l'épi. Cette vérité, qui est d'une applica-