‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 183 sur 613 · PHILON · texte numérisé non relu

PHILON

tionné de l'interprétion allégorique, elle put h son aise cumuler les bénéfices d'une apostasie selon l'esprit et d'une fidélité selon la lettre'. Le représentant le plus distingué de cette tendance bizarre fut le Juif Philon, contemporain de Jésus-Christ, qui devint illustre dans le monde entier après avoir obtenu de ses concitoyens l'honneur de les représenter à Rome dans une ambassade auprès de Caligula. 11 fraya la voie à la dernière philosophie qui ait jeté quelque éclat sur les ruines du paganisme. Philon est évidemmenf un disciple de Platon, mais un disciple qui a fait un choix dans la doctrine de son maître et qui s'est assimilé le côté qui lui était le plus accessible; c'était le côté oriental, que nous avons signalé dans le platonisme. Philon empruntait à la théosophie son mysticisme et son ascétisme, et il demandait aux livres sacrés de sa nation des formules et de pieux symboles pour justifier une tentative qui sans ces ménagements eût pu scandaliser ses compatriotes. Il part de l'idée que Dieu est l'être absolu, immuable, l'Un éternel et invisible. Ce Dieu est ineffable et inconnaissable pour la raison. « Ce Dieu, dit-il, meilleur que le bien lui-même, plus simple que l'unité, ne peut être contemplé par aucun autre que par lui-même. JVous n'avons aucun organe en nous par lequel nous puissions nous le représenter-. Ceux qui le cherchent dans la création n'y trouvent que son

1 Voir, sur cette transformation du judaisnae alexandrin, Reuss, Histoire de la théologie au siècle apostolique , liv. I, c. VII.

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