LES VRAIS HERITIERS DES PROMESSES. 3 H
tique de Siméon et celui de Marie respirent une élévation, une spiritualité, une fermeté de confiance, enfin tout un ordre de sentiments auxquels rien dans le passé n'est comparable. Le grand universalisme religieux qui était déjà renfermé dans la première promesse faite à Abraham ressort avec une clarté admirable de leur langage, bien que celui-ci soit encore juif pour la forme. '< Mes yeux ont vu ton salut, dit le vieillard Siméon, lequel tu as préparé devant la face de tous les peuples, pour être la lumière pour éclairer les nations *. » Ou voit que ces âmes droites et simples ont puisé dans la décadence même de leur nation un désir plus ardent du salut. Que l'on compare leurs cantiques aux livres apocryphes de ce temps, et l'on se convaincra de l'existence simultanée de deux judaïsmes parlant la même langue et portant le même costume, mais profondément séparés l'un de l'autre par les idées et les sentiments. La représentation de l'humanité devant Dieu n'est pas une question de nombre, mais bien de valeur morale. Aussi ce petit groupe des Siméon, des Zacharie, et de ceux qui partagent leur attente, représente le vrai judaïsme, comme les Corneille, les Serge Paul, et, plus tard, les Justin représentaient le monde gréco-romain dans ses meilleures aspirations. Les temps sont donc mûrs à Jérusalem, comme à Athènes et à Rome. Aussi quand Jean Baptiste, le prédicateur de lavraie pénitence et l'homme de l'espérance, apporte du désert cette parole : ■ Repentez-vous, le royaume des cieux est proche, » il pro-
' Luc II, 30, 32.
34 î LES VRAIS HERITIEIIS DES PROMESSES.
clumc les deux, grands résultats de l'écouornie préparatoire : raccablenient salutaire du repentir, et le frémissement d'une joyeuse esj)érance. Du cœur brisé de la race déchue s'élève im soupir de tristesse et de saint désir. La terre est altérée de la rosée céleste. Le ciel n'a plus qu'à s'ouvrir pour lui accorder le plus précieux de ses dons. Le Fils de Dieu peut descendre, car il sera en môme temps le Fils de l'Homme; assez de douleurs et de prières l'appellent de l'Orient à l'Occident i»our qu'il joigne ce nom de la terre à son nom du ciel.