‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 190 sur 613 · U LA RELU.ION DÉFINITIVE · texte numérisé non relu

U LA RELU.ION DÉFINITIVE

venue, de ses vertus innombrables et de ses dons immenses ; ils m'ont peint sa noble beauté et sa miséricorde. Aussi, je ne puis supporter Tattente d'un tel amour*. Déjà l'économie actuelle tire à sa fin ; je ne vois encore que ses serviteurs qui montent et descendent l'échelle lumineuse. Je me tourne vers toi, Père de mon époux, et je te supplie d'avoir pitié de mon amour et de me l'envoyer, afin qu'il ne me parle plus seulement par ses serviteurs et ses prophètes, mais qu'il vienne luimême, et que je l'entende lui-même parlant et enseignant. L'âme humaine, ajoute Origène, a le désir profond de s'unir au Verbe même parmi les païens; elle a reçu les arrhes du divin mariage. De même que la loi et la prophétie ont été des gages de l'avenir pour Israël, de môme la loi de la conscience, l'intelligence et le libre arbitre ont été pour l'âme humaine, en dehors du judaïsme, les présents des fiançailles. Elle n'a trouvé dans aucune doctrine philosophique la satisfaction de son désir et de son amour-. Elle demande l'illumination et la Visitation du Verbe. Ni hommes ni anges ne lui suffisent; elle veut l'embrassement du Verbe de Dieu^ " Le grand docteur d'Alexandrie a peint admirablement, par ces paroles, l'attente de l'humanité contemporaine de Jésus-Christ.

Il vint enfin, celui que tout préparait et annonçait, et vers lequel gravitait toute l'histoire de l'ancien monde.

• « Ad amorem ojus intolerabiliter inflammarer. » Orig.. In Cantic. anlic, lib. 1.

* «Plena atque perfecta desiderii sui amoris expletio. »

^ (' Ipsius oscula VerbiDei.» Orig., In Cantic. cnniic,, lih. 1.

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