‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 193 sur 613 · HYPOTHÈSE UE STRAUSS · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSE UE STRAUSS

de riiistoire évani^ùlique se sont rejoints d'eux-mêmes, sans qu'une main liabile les entrelaçât avec méthode. L'imagination populaire, capricieuse et mobile d'ordinaire, s'est, pour la première fois, soumise à un plan profondément conçu, et elle l'a réalisé avec suite et persévérance; elle s'est montrée à la fois spontanée et ingénieuse, naïve et savante ; elle a demandé à tous les livres de l'Ancien Testament, consultés à la fois, les éléments hétérogènes de cette mosaïque de légendes qui s'appelle l'Evangile. Chose plus étrange encore! il se trouve qu'en définitive cette mythologie populaire, interprétée par un philosophe du dix-neuvième siècle, était d'avance parfaitement d'accord avec son système, car le Christ symbolisait déjà il y a dix-huit siècles l'immanence de l'absolu dans l'homme. Ainsi, la conscience spontanée d'un peuple fanatique a créé sans le savoir une phdosophie transcendante dont personne ne s'est douté jusqu'à aujourd'hui, et les pécheurs du lac de Génésareth n'ont eu d'autre but que de frayer les voies a un savant professeur de Ecrlin ! Il nous semble que le système de Strauss renferme encore plus de contradictions qu'il n'en compte dans les récits évangéliques, et que ce grand ennemi du surnaturel exige de notre part, pour accepter ses théories, une foi plus robuste que celle qui est réclamée pour admettre les plus étonnants j)rodiges. Il est, du reste, une question préjudicielle trop souvent négligée : c'est celle de l'authenticité des documents. On ne s'en débarrasse pas aussi aisément qu'on pourrait le penser d'abord. Nous la traiterons en son lieu, quand nous considérerons les grands monuments

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